Guatemala: menaces de mort contre les membres de la Fundación de Antropología Forense de Guatemala (FAFG)

Front Line est profondément inquiète suite aux menaces de mort proférées, via courriel, contre Fredy Peccerelli, Omar Girón, José Suassnavar et Lionel Paiz, tous membres de la Fundación de Antropología Forense de Guatemala (FAFG – Fondation guatémaltèque d’anthropologie médico-légale), une organisation non gouvernementale qui enquête sur les violations des droits humains au travers de la médecine légale et de la sociologie, dans le but de faire respecter et de protéger les droits humains. Fredy Peccerelli et Omar Girón sont respectivement directeur exécutif de la FAFG et responsable du département d’anthropologie médico-légale.

Informations complémentaires

Publié le 23/05/2008. Le 22 mai 2008, à 15h26, Fredy Peccerelli et Omar Girón ont reçu des menaces de mort envoyées par courriel, provenant de l’adresse yax.pedro@yahoo.com, enregistrée au nom Pedro Yax. Le courriel déclarait que Bianca, la sœur de Fredy Peccerelli, avait été vue. Il donnait une description correcte de ses vêtements et de la voiture qu’elle conduisait (une Jeep Cherokee qui appartient à son père), mais aussi l’endroit où elle se rendait. Le courriel annonçait que « el primer paquete con sus partes (le premier paquet avec les parties de son corps) » arriverait bientôt. Le courriel se terminait par les menaces « Mueran revolucionarios, retiren las denuncias. FAFG DE LUTO hasta que acabemos con todos. (Mourrez révolutionnaires, retirez vos plaintes. FAFG en deuil jusqu’à ce que nous en finissions avec tout le monde.) »

Le 19 mai 2008, aux environs de 8h30, Fredy Peccerelli, Omar Girón, José Suassnavar et Lionel Paiz avaient reçu des menaces de mort provenant de la même adresse e-mail. Les courriels appelaient les membres de la FAFG « malditos revolucionarios (maudits révolutionnaires) » et déclaraient « Están vigilados y los mataremos (nous vous surveillons et nous allons vous tuer) » et « La lista es larga pero mataremos a todos, tu familia sera primera, Freddy maldito [sic] (la liste est longue mais nous tuerons tout le monde, nous commencerons par toute ta famille, maudit Fredy) ». La personne qui a envoyé les messages a aussi menacé de violer la femme d'Omar Girón et de l’envoyer à la FAFG, découpée en morceaux.

Le 20 mai 2008, le juge Eduardo Cojulún, Onzième Juge de la Cour Pénale, a reçu des menaces par téléphone; cet appel l’avertissait de ne pas poursuivre une enquête au cours de laquelle il envoyait des déclarations de victimes des massacres qui ont eu lieu lors du conflit armé au Guatemala à la 'National Audience of Spain'. Parmi ces preuves, il y avait une photographie médico-légale prise par la FAFG. La photo a été publiée dans Prensa Libre (Presse Libre) et portait le logo de l’organisation.

Les membres du FAFG ont déjà reçu des menaces dans le passé. Le 2 février 2008, Omar Giron a reçu un sms sur son téléphone portable: « Les van a quitar la seguridad y mueren Omar... y Fredy hijos de puta » (« Ils vont supprimer la sécurité et Omar et Fredy vont mourir, fils de putes »). Le jour où le sms a été envoyé, le journal guatémaltèque Siglo XXI avait publié un article dans lequel le chef du cabinet du ministère de la gouvernance annonçait que le personnel chargé de la sécurité de certains défenseurs allait être réduit afin d’augmenter le nombre d’agents pour patrouiller dans les rues.

Front Line pense que les menaces de mort proférées contre les membres du FAFG ont un lien direct avec les actions de l'organisation en faveur des droits humains, particulièrement ses enquêtes légales sur les violations des droits humains. Les menaces proférées contre les membres du FAFG sont récurrentes depuis 2002. En 2002, la Commission Inter-Américaine pour les droits humains avait demandé aux autorités guatémaltèques de mettre en place des mesures efficaces pour assurer la sécurité de Fredy Peccerelli ainsi que celle des membres de la FAFG. Depuis cette demande, les mesures de protection ont été réduites et Front Line craint que la protection soit insuffisante vu le harcèlement continue dont sont victimes les membres du FAFG.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.