Un nouveau rapport de l’International Campaign for Human Rights in Iran (campagne internationale pour les droits humains en Iran) dénonce la façon dont les autorités iraniennes contrecarrent systématiquement les efforts pacifiques et légaux de la société civile pour soutenir les droits des femmes en Iran, en violant les lois et les droits civils pourtant protégés au niveau international.
Texte de la déclaration de l'International Campaign for Human Rights in Iran
Publié le 06/05/2008. Les défenseurs des droits des femmes en Iran sont battus, harcelés et persécutés parce qu’ils exercent leurs droits à la liberté de réunion, d’association et d’expression; parce qu’ils manifestent pacifiquement; parce qu’ils collectent des signatures au nom de la campagne pour « un million de signatures » pour l’abrogation des discriminations à l'encontre des femmes dans le système légal iranien; parce ce qu’ils écrivent et publient des articles; parce qu’ils se rendent à des réunions; et parce qu’ils voyagent dans le but de rencontrer leurs pairs à l’étranger.
Ils sont cités à comparaître devant la Cour, interrogés, maltraités, détenus en cellule d’isolement, ne peuvent avoir accès à leurs avocats et famille, et sont sujets à des pressions afin d’avouer de fausses charges. Les procédures judiciaires pour ces affaires sont injustes et violent la loi iranienne. Les montants des cautions sont excessifs, ce qui force beaucoup de prévenus à rester en détention. Les défenseurs des droits des femmes persécutés sont généralement accusés « d’agir contre la sécurité nationale » ou pour d’autre délits vagues et/ou déraisonnables. La plupart d’entre eux sont déclarés coupables et sont condamnés à des périodes de prison ou à la prison avec sursis, dans le but de les maintenir dans un état d’isolement et de peur, et donc dans le but de supprimer et réprimer de plus amples actions en faveur des droits humains.
Le mouvement pour les droits des femmes est le plus vivant, le mieux organisé et le plus étendu des mouvements pour les droits humains en Iran. Sous le gouvernement de l’ancien Président Mohammed Khatami, la société civile était encouragée et soutenue. Plus de 600 organisations non-gouvernementales ont été mises sur pied afin d’encourager et de promouvoir le respect des droits des femmes.
Ces groupes ont trouvé une cause commune et militent pour le changement du système légal iranien, dans lequel la discrimination à l'encontre des femmes est profondément ancrée. Ils ont commencé à faire campagne pour l’égalité des hommes et des femmes dans le mariage; pour la compensation égale en cas de blessures et de mort accidentelle; pour l’égalité des droits de succession; pour la poursuite de ceux qui commettent un crime d’honneur; pour un accès et un traitement égal devant les tribunaux; et contre la peine de mort par lapidation en cas d’adultère.
Avec le gouvernement du Président Ahmadinejad, le statut de la femme iranienne s’est considérablement dégradé. Un « Programme pour la sécurité de la société » autorise les autorités à harceler arbitrairement les femmes qui ne portent pas « une robe islamique appropriée ». Un « Décret pour la protection des familles » qui réduit encore plus les droits des femmes a été promulgué; ce décret rend légitime la polygamie, autorise les mariages temporaires et les mariages à l’âge de 13 ans seulement, ainsi que d’autres mesures. De plus, un système de quota a été introduit, donnant un avantage inéquitable aux hommes pour les admissions dans l’éducation supérieure.
Comme ce rapport l’indique, non seulement la situation précaire des femmes se détériore, mais les possibilités de défendre leurs droits sont de plus en plus exposées et en péril. L’International Campaign for Human Rights in Iran a inclus dans son rapport une série de recommandations afin d’éliminer les discriminations à l'encontre des femmes dans le système légal, ainsi que pour faire respecter les droits humains garantis internationalement et notamment les normes pour la protection des défenseurs des droits humains.
“Equal Rights Denied—The Systematic Repression of the Women’s Rights Movement In Iran” est disponible sur le site internet de la International Campaign for Human Rights in Iran [1].