Front Line est profondément préoccupée suite à l'arrestation et à la détention arbitraire des défenseurs des droits humains Vadim Borshchevskiy et Pavel Levinov, mais aussi suite aux descentes de police dans l'appartement d'Olga Karatch et Yelena Borshchevskaya et dans les bureaux de l’organisation de défense des droits des femmes « Adliga ».
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Publié le 04/04/2008. Vadim Borshchevskiy est journaliste, membre d’ « Adliga » et du centre pour les jeunes « Seventh Side ». Pavel Levinov est avocat des droits humains et membre du Comité d’Helsinki en Biélorussie, membre d’« Adliga » et membre de « Seventh Side ». Olga Karatch est la présidente d’ « Adliga » et Yelena Borshchevskaya siège au conseil d’administration.
Entre le 25 et le 27 mars 2008, des descentes ont eu lieu dans les bureaux d’« Adliga », et une quantité considérable de fournitures de bureau a été saisi sans que cela ait été enregistré dans un rapport officiel. Les descentes auraient été menées par des agents du KGB, ainsi que par des membres de la milice biélorusse.
Le 25 mars 2008, aux environs de 10h20, Vadim Borshchevskiy a été arrêté rue Lenine à Vitebsk. Il a été détenu pendant deux heures au poste de la milice dans le district de Zheleznodorozhnyy, avant d’être relâché. Il n’y a aucune trace officielle de son arrestation et de sa détention arbitraire.
Le 26 mars à 10h00, trois hommes en civils ont abordé Yelena Borshchevskaya à l’école n°39 de Vitebsk, où elle enseigne. Les hommes lui ont montré leurs insignes du KGB et un mandat de perquisition, et ont ensuite ordonné à Yelena Borshchevskaya de les conduire à son domicile. Durant le trajet, elle n’a pas été autorisée à utiliser son téléphone portable, et la présence de son avocat a été refusée. Les hommes auraient remarqué que, par la suite, elle pouvait porter plainte contre leurs actions. En arrivant à l’appartement, Yelena Borshchevskaya n’a pas pu ouvrir la porte car elle n’avait pas ses clés. Lorsqu’elle leur a dit qu’il y aurait des témoins, les hommes ont appelé deux soldats en uniforme de l’armée. A midi, les agents du KGB ont fait venir un employé du Service Local du Logement et lui ont ordonné d’ouvrir la porte. Lorsque celui-ci a refusé, ils ont fait appel à quelqu’un du Ministère pour les Situations d’Urgence, qui a forcé la porte. Les hommes sont entrés et ont commencé à fouiller l’appartement.
A 13h30, l’avocat pour les droits humains Pavel Levinov est arrivé afin d’être présent au moment des fouilles. Le responsable des agents du KGB, Major Skorionovich, l’a accusé « d’utilisé un langage injurieux » et a ordonné son arrestation. Il a été conduit au poste de la milice du district de Pervomayskiy. Lorsqu’il était au poste, la tension artérielle de Pavel Levinov a augmenté dangereusement, et il a été conduit à l’hôpital. A sa libération, Pavel Levinov a entamé une grève de la faim afin de protester contre la façon dont il a été traité. Selon un rapport, il a perdu 12 kg depuis qu’il a débuté sa grève de la faim il y a 9 jours.
Les agents du KGB ont fouillé l’appartement de 13h00 à 19h00, et ils auraient saisi du matériel, notamment des ordinateurs, des dictaphones, des scanners et une photocopieuse, mais aussi des informations qui étaient sauvegardées dans des documents et sur des cassettes et des CD. Les agents du KGB ont déclaré que les recherches faisaient partie d’une enquête criminelle. Les recherches sont contraires à la Loi biélorusse, qui stipule que le témoin doit d’abord être interrogé avant que ses biens ne soient fouillés et interdit l’entrée de force dans le domicile des gens. Front Line pense que Vadim Borshchevskiy, Pavel Levinov, Olga Karatch et Yelena Borshchevskaya ont été pris pour cible à cause de leurs actions en faveur des droits humains. Front Line est inquiète pour l’intégrité physique et psychologique des défenseurs cités ci-dessus, mais aussi pour celle de tous les membres d’« Adliga ».