Inde: détention arbitraire et agression de la défenseuse des droits humains et avocate Bijaya Chanda
Front Line est profondément préoccupée suite à la détention arbitraire de la défenseuse des droits humains et avocate Bijaya Chanda, survenue le 5 mars 2008. Bijaya Chanda est avocate en exercice à Alipore District Sessions et à la Cour pénale du Bengale Occidental, où elle défend les victimes de violations des droits humains. Elle est également membre de l'Association pour la protection des droits démocratique (APDR), et aussi étroitement liée à Manabadhikar Suraksha Mancha (MASUM); tous les deux sont des organisations de droits humains basées à l'ouest du Bengale.
Informations complémentairesPublié le 18/03/2008. Le 5 mars 2008, Bijaya Chanda faisait partie d'une équipe d’enquêteurs, composée d'elle-même et de quatre autres membres de l'APDR: Siddhartha Sengupta, Anup Dutta, Prashanta Halder et Ratna Bhowmick. Le but de la mission d’enquête était de visiter et d'observer la situation des droits humains dans le bloc 1 et 2 de la région de Nandigram. Il était prévu de rester dans les villages de la zone de Nandigram jusqu'au 7 mars 2008 et ils avaient informé les autorités à cet effet.
Vers 19h20 environ, alors qu’ils voyageaient en camionnette près du Bazar Sonachura et de la maison de Panchayet Pradhan Lakshan Mondal, ils ont été arrêtés par une soixantaine de membres du Parti communiste de l'Inde [CPI (M)], y compris les dirigeants du parti Lakshan Mondal Panchayet Pradhan, Anup Mondal, Badal Mondal Mondal, Joydeb Paik, Chandrakanta Paik, Chintamoni Das, Sagar Ch. Mondal, Prabir Das, Rabin Mondal, Ganesh Pal, Bishweshar Pradhan, Bidhan Pramanick et Santosh Halder. Ces derniers ont encerclé la camionnette et leur ont ordonné de s'arrêter et de sortir, tout en les agressant verbalement usant d’un langage ordurier. Quand ils ont dit qu'ils se rendaient au village de Sonachura Shahid Smriti Swasthakendra et qu'ils avaient informé la police locale, les membres du CPI (M) les ont accusés d'être des maoïstes, et ont dit qu'ils allaient les fouiller et les signaler à la police.
Bijaya Chanda les a informés qu'elle était avocate en leur montrant sa carte professionnelle, qui avait été délivrée par le Conseil du Barreau du Bengale Occidental, ainsi que des lettres écrites par l'APDR du poste de police de Nandigram. Elle les a autorisés à fouiller leurs affaires si cela était nécessaire, et leur a demandé de leur permettre de continuer leur route vers Sonachura Shahid Smriti Swasthakendra.
Cependant, les membres du CPI (M) les ont détenus usant de la force dans un local d'un chirurgien et ont informé la police qu'ils avaient arrêté cinq terroristes maoïstes qui avaient tenté de les attaquer. Lors de leur détention, Bijaya Chandra et les autres membres de l'APDR ont été insultés par les membres le CPI (M) qui ont fait des références sexuelles explicites, en vue d'intimider Bijaya Chandra et Ratna Bhowmick, l'autre femme dans le groupe. Ils ont également menacé de leur faire la peau, de les enterrer vivants, et de leur fourguer des armes à feu dans leurs sacs pour que la police les trouvent. Ils ont été empêchés d'utiliser leur téléphone portable. La police de Nandigram est arrivée vers environ 20h45; toutefois, les membres du CPI (M) ont continué leurs mauvais traitements des détenus en présence de la police.
Bijaya Chandra, Siddhartha Sengupta, Anup Dutta, Prashanta Halder et Ratna Bhowmick ont été emmenés au poste de police à 1h10, le 6 mars 2008 où ils ont été détenus jusqu'à 10h15 et empêchés d'entrer en contact avec leurs collègues et leurs familles.
Alors qu'ils étaient en train de monter dans le véhicule de police pour aller au poste de police, un membre CPI (M), Chandrakanta Paik, aurait dit qu'ils auraient dû tuer Bijaya Chandra Sengupta et Siddhartha. La police a confisqué des lettres appartenant à l’un des clients de Bijaya Chandra, qui est actuellement en détention, et qui se trouvaient chez elle. La police a également confisqué une carte de Purba Medinipur et Paschim Medinipur, un livre appartenant à Bijaya Chandra et un bloc-notes appartenant à Ratna Bhowmick, en dépit du fait que la police n’avait pas de mandat de saisie, ni établi de procès-verbal sur les objets saisis.
Front Line estime que Bijaya Chandra a été ciblée en raison de ses activités relatives aux droits humains, en particulier son travail pour enquêter sur les victimes de violations des droits humains dans l'ouest du Bengale et les représenter.
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.