Chine: procès du défenseur des droits humains et écrivain Hu Jia, accusé de subversion

Front Line est profondément préoccupée par le procès du défenseur des droits humains Hu Jia, le 18 mars 2008, et les accusations de subversion retenues contre lui. Hu Jia travaille pour les droits de ceux qui souffrent du VIH/Sida dans les régions rurales de Chine. Il est le co-fondateur de l'Institut Aizhixing de Pékin pour l'éducation à la santé, une organisation non gouvernementale qui promeut l'éducation et la sensibilisation du public sur la question du VIH/Sida.

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Publié le 10/03/2008. Le 18 mars 2008 a débuté le procès de Hu Jia devant le premier tribunal intermédiaire de Pékin. Il est accusé de subversion contre le gouvernement chinois en relation avec ses écrits sur Internet et il a plaidé non coupable. Il encourt cinq ans de prison ferme et on s’attend à ce qu’il soit condamné dans le courant de la semaine prochaine. L’avocat de Hu Jia, Li Fangping, a indiqué qu'il avait eu droit à seulement vingt minutes pour défendre Hu Jia et qu’il avait été constamment interrompu par le juge durant sa plaidoirie. En outre, plusieurs diplomates et membres de la famille de Hu Jia ont été empêchés d'assister au procès et nombre de ses partisans auraient été forcés par les autorités à quitter Pékin pour la durée du procès, afin de les empêcher de parler avec des journalistes.

Hu Jia a été arrêté le 27 décembre après avoir témoigné publiquement devant le Parlement européen; au cours de l’audition, il avait fourni des détails sur les violations des droits humains qui auraient été commises en Chine. Il a été officiellement arrêté le 30 janvier 2008 et inculpé d’«incitation à renverser le pouvoir». Il est actuellement détenu à Pékin au Centre de détention municipal. Après son arrestation, sa femme Zeng Jinyan et sa fille auraient été empêchées de quitter leur appartement à Pékin.

Plusieurs autres écrivains qui ont publié des écrits sur Internet et qui sont considérés comme des cyber-dissidents par les autorités, ont été arrêtés au même moment.

Ces arrestations ont été interprétées comme une campagne d'intimidation de la part des autorités à l'encontre des défenseurs des droits humains afin de les dissuader de publier des données sur les violations des droits humains en Chine durant la période des Jeux Olympiques. Hu Jia a décrit les violations des droits humains commises à l'encontre de ceux qui souffrent du VIH/Sida dans les régions rurales de la Chine, ainsi que des questions relatives à la liberté religieuse et à la situation des droits humains au Tibet.

Front Line croit que Hu Jia a été ciblé en raison de ses activités légitimes en matière de droits humains, en particulier son travail de défense des droits de ceux qui souffrent du VIH/Sida en Chine.

Front Line demande instamment aux autorités chinoises de: 1. Libérer immédiatement et sans conditions Hu Jia et de cesser toutes les poursuites contre lui, parce que Front Line croit qu'il a été arrêté et accusé sur la seule base de son travail légitime pour les droits humains; 2. Garantir l'intégrité physique et psychologique de Hu Jia pendant sa détention, ainsi que celle de sa famille; 3. Prendre des mesures de sorte que tous les défenseurs des droits humains en Chine soient en mesure d'agir, sans crainte de représailles et à l'abri de toute restriction et harcèlement, dans le cadre de leur travail légitime en faveur des droits humains.