Inde: le défenseur des droits humains et journaliste Lachit Bordoloi est toujours détenu

Front Line souhaite faire part de son inquiétude au sujet de la détention du défenseur des droits humains Lachit Bordoloi, arrêté le 11 février 2008. Lachit Bordoloi est journaliste et conseiller de Manab Adhikar Sangram Samiti (MASS), une organisation qui milite pour la défense des droits civils et humains dans la région d’Assam. Il est aussi le président du Peoples Committee for Peace Initiatives in Assam (Comité du Peuple pour les Initiatives de Paix à Assam - PCPIA), et membre du Peoples Consultative Group (Groupe de consultation du peuple - PCG), une organisation créée dans le but d’instaurer un dialogue pour la paix entre le gouvernement indien et le Front unifié de libération de l'Assam (United Liberation Front of Assam - ULFA).
Informations complémentaires
Publié le 18/02/2008. Le 18 février 2008, le Magistrat judiciaire en chef du district de Kamrup a ordonné que Lachit Bordoloi soit détenu deux jours de plus au commissariat de police de Chandmari, dans la ville de Guwahati. Le 11 février aux environs de 10h30, Lachit Bordoloi a été arrêté par la police du district de Dibrugargh, alors qu’il se déplacait en bus de Tinsukia, dans le nord de l’Assam, à Guwahati. Il s'était rendu à Tinsukia pour assister à une réunion publique. Il a été conduit au commissariat de Moran, où des policiers de Guwahati l’ont amené au commissariat de Chandmari. Deux jours avant, le 9 février 2008, des membres de la police de Guwahati avaient fait une intrusion dans un appartement que Lachit Bordoloi loue à Guwahati, où sa femme et sa fille se trouvaient pendant qu’il assistait à la réunion à Tinsukia. Bien qu’ils ne possédaient aucun mandat, les policiers ont saisi un ordinateur portable et du matériel appartenant à Lachit Bordoloi.
Le 12 février 2008, Lachit Bordoloi a été conduit au commissariat de Chandmari, à Guwahati, où il est resté détenu cinq jours et accusé, aux termes de la loi sur les activités illicites (loi de prévention), « d’avoir participé à une collecte de fonds au profit du Front unifié de libération de l’Assam (ULFA) », ainsi qu'au titre des sections 120B et 121 du Code Pénal Indien pour avoir « engager une guerre contre l’Etat ». L’arrestation de Lachit Bordoloi serait basée sur la déclaration de l’un des deux membres présumés de l’ULFA, arrêtés les 8 et 9 février 2008. La police a rapporté que les deux membres présumés étaient à Guwahati afin d’essayer de détourner un avion et qu’ils ont reçu l’aide de plusieurs personnes importantes.
Il semblerait que la police enquête en ce moment sur les courriels de Lachit Bordoloi, car des policiers clament qu’il entretient des relations avec l’ULFA « au-delà des limites tolérées ».
Front Line pense que Lachit Bordoloi a été ciblé et arrêté à cause de son action légitime pour la défense des droits humains. Depuis 2001, il aurait été fréquemment harcelé par le commissaire de police du district de Nagaon, suite à la parution d’un article qu’il a écrit. Dans cet article, il mettait en lumière la corruption au sein du département de police de Nagaon. Suite à cet article, une enquête de haut niveau a été menée contre le commissaire de police. Nous sommes inquiets pour l’intégrité physique et psychologique de Lachit Bordoloi pendant qu’il est en détention.
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.