Russie: arrestation de plusieurs défenseurs des droits humains et journalistes lors d’une manifestation à Nazran

Front Line est profondément inquiète suite à l’arrestation de deux défenseurs des droits humains et de 10 journalistes à Nazran, le 26 janvier 2008. Ekaterina Sokiryanskaya et Timur Akiyev, tous deux membres du Memorial Human Rights Centre, ont été arrêtés alors qu’ils participaient à une manifestation contre la répression et la corruption en Ingouchie. Said-Khussein Tsarnaev, photo-journaliste pour RIA-Novosti; Mustafa Kurskiev, correspondant pour des maisons d’édition à Moscou; Roman Plyusov et Vladimir Varfolomeev, journalistes pour la radio Echo de Moscou; Danila Galperovich de Radio Liberté; Olga Bobrova de Novaya Gazeta; deux correspondants de Channel Five TV St-Petersbourg; ainsi que deux correspondants de la télé d’Etat russe, ont aussi été arrêtés.

Informations complémentaires

Le 23 novembre 2007, Front Line avait fait part de ses craintes au sujet de la sécurité d'Oleg Orlov, le directeur de Memorial, Karen Sakhinov, Artem Vysotsky et Stanislav Goryachikh, journalistes pour la chaîne REN-TV à Moscou, tous enlevés et battus.

Le 26 janvier 2008, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Nazran pour manifester contre la répression et la corruption en Ingouchie. Les manifestants ont été dispersés par la police qui les aurait encerclés avec des véhicules blindés et aurait tiré des coups de feu en l’air. Les manifestants ont été victimes de violence et beaucoup ont été blessés. Ekaterina Sokiryanskaya et Timur Akiyev ont été interrogés pendant dix heures. Ils ont été détenus au commissariat de police de Nazran, où ils ont été photographiés. Les services fédéraux de sécurité et des membres de la police ont relevé leurs empreintes digitales. Ils n'ont pu avoir accès à leurs avocats qu'après sept heures de détention.

Roman Plyusov, Vladimir Varfolomeev, Danila Galperovich, Olga Bobrova, deux correspondants de Channel Five TV St-Petersbourg, et deux correspondants de la TV d’Etat russe, faisaient partie des détenus. Eux aussi ont été détenus au commissariat de police de Nazran, où ils furent interrogés en tant que témoins de la manifestation. Ce soir-là, ils ont été transférés «pour leur sécurité» de la zone d’opération anti-terroriste dans des véhicules blindés, par l’unité d’intervention rapide (SOBR) du Ministère des Affaires Internes de la Fédération de Russie, jusqu’à Vladikavkaz, la capitale d’Ossétie du Nord. Ils ont été libérés le 26 janvier 2008.

Said-Khussein Tsarnaev et Mustafa Kurskiev ont été arrêtés par les membres de la police alors qu’ils filmaient une maison en train d’être incendiée. Ils ont été conduits au commissariat de police de Nazran où ils ont été retenus toute la nuit. Durant leur détention, Said-Khussein Tsarnaev et Mustafa Kurskiev n’ont pas été autorisés à voir leurs avocats, ni à manger ou boire. Mustafa Kurskiev aurait été gravement battu par la police au moment de son arrestation. Il a demandé une assistance médicale pour ses blessures, mais cela lui a été refusé. Dans la matinée du 27 janvier 2008, Said-Khussein Tsarnaev et Mustafa Kurskiev ont été transférés au centre de détention provisoire (IVS) de Nazran, où ils ont été menacés d’être accusés pour incendie volontaire. Ils ont été renvoyés au commissariat de police de Nazran le soir même, et libérés aux environs de 21h00.

Front Line pense que la détention de Ekaterina Sokiryanskaya et Timur Akiyevest est liée à leurs actions en faveur des droits humains pour l’organisation Memorial; la détention et les mauvais traitements contre Said-Khussein Tsarnaev, Mustafa Kurskiev, Roman Plyusov, Vladimir Varfolomeev, Danila Galperovich, Olga Bobrova, deux correspondants de Channel Five TV St-Petersbourg, et deux correspondants de la TV d’Etat russe, représentent une tentative de répression de la couverture médiatique de la manifestation de Nazran. Leur détention semble faire partie d’une campagne contre les défenseur des droits humains en Ingouchie et en Russie.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.