Inde: harcèlement du défenseur des droits humains Dr Lenin Raghuvanshi et de ses collègues

Front Line souhaite faire part de son inquiétude en ce qui concerne les accusations portées contre le défenseur des droits humains Dr Lenin Raghuvanshi et les autres membres du personnel du People's Vigilance Committee on Human Rights (Comité populaire de vigilance pour les droits de l’Homme - PVCHR). Le Dr Raghuvanshi est le président du PVCHR, mais il est aussi membre du District Vigilance Committee on Bonded Labour (Comité de vigilance sur le travail forcé) dans l’Etat d'Uttar Pradesh dans le nord de l’Inde. L’action du Dr Lenin Raghuvanshi pour les droits de humains se concentre sur la faim et sur les décès liés à la famine.

Informations Complémentaires

Publié le 25/01/2008. Le 23 janvier 2008, le Dr Raghuvanshi a comparu devant le Tribunal de première instance afin de présenter sa demande de liberté sous caution, qui a été acceptée car la Cour n'a trouvé aucune raison justifiant sa détention. Par ailleurs, le Magistrat a décrété irrecevable la plainte déposée le 9 décembre 2007 contre le Dr Raghuvanshi par Rajendar Thripathi, le chef du village Belwa dans le district administratif de Badagaon, car il n’y avait pas suffisamment de preuves (la plainte prétendait que le Dr Raghuvanshi avait mené des activités contre l'Etat).

Le Dr Raghuvanshi, ainsi que Anupam Nagavanshi et Shruti Nagavanshi, toutes les deux membres du PVCHR, ont été accusés de «déclarations ayant semé le trouble dans l’opinion publique», au nom de la section 505 (b) du Code pénal indien, 1860. Toutefois, le Tribunal a ordonné qu’ils ne soient pas arrêtés jusqu’à nouvel ordre. A cause de certaines questions concernant la procédure à suivre dans cette affaire, le Magistrat a ordonné que la police de Phulpur réunisse tous les documents qui se rapportent à l’affaire avant le 29 janvier 2008.

Front Line avait déjà fait part de son inquiétude au sujet des menaces que le Dr Raghuvanshi et le personnel de PVCHR avaient reçu entre le 4 et le 6 décembre 2007, mais aussi à cause de la plainte déposée par Rajendar Thripathi le 9 décembre 2007. En 2002, le Dr Lenin Raghuvanshi avait déposé une plainte officielle (First Information Report - FIR) contre Rajendar Thiwari, en tant que membre du Comité sur le travail forcé. Un mandat avait donc été émis pour l’arrestation de Thiwari: celui-ci est toujours en attente. La raison pour laquelle Rajendar Thiwari n’a pas été arrêté lorsqu’il s’est présenté au commissariat pour déposer plainte contre le Dr Lenin Raghuvanshi est inconnue. Toutefois, cela pourrait indiquer un certain degré de collusion entre la police et les autorités locales.

En août 2005, le Dr Lenin Raghuvanshi avait reçu des menaces de mort de Rmasray Singh, un ami de Rajendar Thiwari, alors que ce dernier contestait les élections de Panchayath. Le Dr Lenin Raghuvanshi avait rapporté ces menaces aux autorités et une plainte officielle avait été déposée. Cette affaire est aussi pendante, malgré les préoccupations soulevées par trois rapporteurs des Nations unies auprès du gouvernement central.

Front Line pense que le Dr Lenin Raghuvanshi et le personnel du PVCHR ont été pris pour cible à cause de leur action légitime en faveur des droits humains, particulièrement lorsqu’ils tentent de protéger les victimes de la famine dans l’Uttar Pradesh. Le Dr Lenin Raghuvanshi et le PVCHR ont récemment attiré l’attention sur trois incidents de bébés et de jeunes enfants mourant de faim dans cet Etat, attirant ainsi l’attention générale des médias ainsi que des critiques sur le gouvernement de cet Etat, qui n’a pas reconnu et réglé le problème, étroitement lié au problème de la discrimination des castes. Il existe un risque pour la sécurité et l’intégrité physique et psychologique du Dr Lenin Raghuvanshi et de tous les membres du PVCHR.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.