Bahreïn: des défenseurs des droits humains victimes de torture et de mauvais traitements durant leur détention
Front Line est profondément inquiète suite à des rapports qui dénoncent la torture et les mauvais traitements dont ont été victimes un certain nombre de défenseurs des droits humains actuellement détenus, ou qui viennent tout juste d’être libérés. Selon ces rapports, Abdullah Mohsen Abdulah Saleh, Naji Ali Fateel, Mohammed Abdullah Al Sengais, Maytham Bader Jassim Al-Sheikh, Ahmad Jaffar Mohammed Ali, Hassan Abdulnabi, Hassan Abdelnabi Hassan et Ebrahim Mohamed Amin-Al-Arab ont tous été victimes de mauvais traitements ou de torture lors de leur détention au Criminal Investigation Bureau (Bureau criminel d’investigation - CIB).
Informations complémentaires
Publié le 18/01/2007. Les défenseurs des droits humains mentionnés ci-dessus font partie des onze défenseurs arrêtés par les Forces spéciales de sécurité (SFF), entre le 21 et le 28 décembre 2007, après la manisfestation du 17 décembre à Manama. Trois d’entre eux ont été libérés: Shaker Mohammed Abdul-Hussein Abdul-Aal, Majid Salman Ibrahim Al-Haddad et Nader Ali Ahmad Al-Salatna.
Front Line a reçu des informations qui indiquent que les défenseurs des droits humains détenus ont été victimes de mauvais traitements et de torture physique et psychologique, dont des sévices sexuels. Selon ces informations, Maytham Bader Jassim Al-Sheikh a été victime d’un viol; il aurait été sodomisé avec un morceau de bois. Maytham Bader Jassim Al-Sheikh aurait été victime d’une pratique appelée Falaqah au Bahreïn, qui consiste à attacher ensemble les pieds et les poings de la victime, avant de hisser celle-ci sur une barre. Maytham Bader Jassim Al-Sheikh a été électrocuté sur différentes parties de son corps, dont ses parties génitales.
D’autres informations indiquent que les défenseurs des droits humains ont été victimes d'abus physiques et verbaux, de privations de sommeil et de nourriture, ainsi que de privations sensorielles; les défenseurs étant détenus durant des périodes prolongées en cellule d’isolement, menottés et les yeux bandés. D’autre part, les défenseurs ont été obligés de dormir sur un sol froid et ont été battus lorsqu’ils s’endormaient. Les défenseurs des droits humains sont interrogés après avoir été torturés ou maltraités et, quand ils ne sont pas interrogés, ils peuvent entendre les autres être torturés ou maltraités, ce qui les conduit à avoir peur en permanence.
Les défenseurs des droits humains n’ont pas été autorisés à utiliser des toilettes, et n’ont pas pu se doucher pendant au moins 10 jours. Nombre d’entre eux ont dû rester nus, et ont été interrogés nus. Il leur est interdit de prier à certains moments, mais aussi de parler entre eux. Certains ont été forcés de se tenir debout sans se reposer, parfois trois jours d’affilée. Les défenseurs auraient reçu des menaces de mort et des menaces verbales constantes à leur encontre, mais aussi à l'encontre des membres de leur famille. Les défenseurs doivent rester dans ces conditions inhumaines et dégradantes; leurs cellules seraient très sales, infestées d’insectes et bondées.
Le 5 janvier 2008, Front Line avait déjà écrit au sujet des informations qu’elle avait reçues au sujet des mauvais traitements et actes de torture sur plusieurs défenseurs dont Naji Ali Fateel, qui a été détenu menotté et les yeux bandés pendants deux semaines. Mohammed Abdullah Al Sengais a été menotté et est resté les yeux bandés durant une semaine et a été détenu dans une cellule d'isolement pendant environ deux semaines; Mohammed Abdullah Al Sengais a été torturé, un témoin a rapporté qu’il a des brûlures sur les bras et le ventre, après qu’il ait été électrocuté. Ahmad Jaffar Mohammed Ali a dû rester menotté pendant longtemps car il avait des marques aux poignets. Majid Salman Ibrahim Al-Haddad a été attaqué physiquement; il a le tympan percé, pour lequel il a été soigné, mais il avait aussi une blessure à la main. Il semble que certains défenseurs des droits humains aient été torturés et maltraités lors de leur interrogatoire.
Front Line pense que Abdullah Mohsen Abdulah Saleh, Naji Ali Fateel, Mohammed Abdullah Al Sengais, Maytham Bader Jassim Al-Sheikh, Ahmad Jaffar Mohammed Ali, Hassan Abdulnabi, Hassan Abdelnabi Hassan et Ebrahim Mohamed Amin-Al-Arab ont été arrêtés et sujets à des actes de torture ainsi qu’à des traitements cruels, inhumains et dégradants, à cause de leurs actions pacifiques et légitimes pour la défense des droits humains.
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.