Syrie: arrestation des défenseurs des droits humains Ali al-Abdallah, Fayez Sarah et Akram-al Bunni

Publié le 2008/01/11

Front Line est profondément inquiète suite à l’arrestation de trois défenseurs des droits humains: Ali al-Abdallah et Fayez Sarah, membres du Centre de Damas pour les droits de l'Homme (DCHRS), et Akram-al Bunni, membre de l’Human Rights Association. Ils ont été arrêtés en décembre 2007 et janvier 2008 par des membres des services de sécurité de l’Etat, une branche de l’Administration Générale de la Sécurité. Ils sont gardés au secret sans aucune charge retenue contre eux, et il y a un fort risque qu’ils soient torturés et victimes de mauvais traitements. Les autorités n’ont pas révélé le lieu de leur détention, cependant, il semble qu’ils soient détenus dans un bâtiment des services de sécurité de l’Etat.

Informations complémentaires

Publié le 11/01/2008. Front Line a reçu des rapports qui dénoncent la torture et les mauvais traitements que subit Fayez Sarah; de plus, la sécurité des défenseurs est très préoccupante. Il n’y a pas eu de mandat d’arrêt contre les défenseurs et ils n’ont pas eu droit à une représentation légale, ni de voir leurs familles.

Ali Al-Abdallah, Fayez Sarah et Akram-al Bunni ont été arrêtés par les autorités syriennes en décembre 2007 et janvier 2008, avec 40 autres personnes. Il semble que cette arrestation de masse soit liée à une réunion du principal groupement pro-démocratie, Déclaration de Damas pour un Changement Démocratique (DDDNC), qui a eu lieu le 1er décembre 2007. La majorité des personnes arrêtées fait partie de l’opposition. Vingt des personnes arrêtées ont été libérées le 11 décembre 2007.

Le journaliste Ali al-Abdallah a été arrêté par cinq membres des services de sécurité de l’Etat, le 17 décembre 2007. Ali al-Abdallah est diplomé de l’Université de Philosophie de Damas. Il a écrit pour un certain nombre de publications arabes, dont al-Hayat, al-Safir et al-Khalije. Il a déjà été pris pour cible dans le passé. En 1994, il a été arrêté à l’aéroport international de Damas à son retour de Tunisie. Il a été libéré six mois plus tard. Il a été arrêté une seconde fois en mars 2005, à cause de ses activités au sein du Forum Jamal al-Atasi pour un changement démocratique, et a été accusé de « répandre des fausses informations ». Il a été condamné à six mois de prison, et en a effectué cinq avant d’être grâcié par le président. En mars 2006, il a été arrêté une troisième fois avec son fils, alors qu’ils participaient à une veillée devant la Haute Cour de Sécurité d’Etat. Les participants à cette veillée appelaient au retrait d’une loi d’urgence, en vigueur depuis 1963. Ali al-Abdallah a été détenu pendant sept mois. Ali al-Abdallah est membre du Conseil National Syrien pour le Changement Démocratique.

L’écrivain et analyste politique Akram al-Bunni a été arrêté le 12 décembre 2007 à 9h00 à son domicile, et son lieu de détention n’a pas été révélé. Akram al-Bunni est le frère d’Anvar al-Bunni. Il a été détenu politique pendant environ 17 ans et est défenseur des droits humains. Il est membre de l’Human Rights Association en Syrie, du Damascus Centre for Human Rights Studies et du Committee for the Revival of the Civil Society (Comité pour le renouvellement de la société civile). Il souffre d’un certain nombre de problèmes médicaux et Front Line demande une attention médicale.

Front Line a précédemment fait part de son inquiétude en ce qui concerne la détention du défenseur des droits humains syrien Anwar al-Bunni. Le 24 avril 2007, Anwar al-Bunni a été condamné par la Cour Criminelle de Damas, lors d’un procès injuste, à cinq ans de prison, au nom de l’article 286 du Code pénal syrien, pour avoir répandu de « fausses informations nuisibles à l’Etat » et car il est membre d’une organisation politique illégale. Il a aussi été condamné à payer une amende de 2000 dollars US. Anwar al-Bunni a initialement été arrêté le 17 mai 2006 et il serait été détenu à la prison de Adra, sans pouvoir voir ses représentants légaux en privé. Il serait aussi victime de mauvais traitements.

Le journaliste et écrivain Fayez Sarah a été arrêté, le 3 janvier 2008, par les membres du service de sécurité de l’Etat. Son lieu de détention n’a pas été communiqué. Fayez Sarah écrit pour un certain nombre de journaux, notamment al-Hayat, as-Safir, al-Mustaqbal, al-Nur and al-Arab al-Youm. Il est aussi un des membres fondateurs du Committee for the Revival of the Civil Society en Syrie. Fayez Sarah a beaucoup parlé du droit à manifester librement, et il a participé à un programme télévisé le 1er janvier 2008, où il a dénoncé l’arrestation massive de décembre. Front Line a reçu des rapports précisant que Fayez Sarah a été torturé et maltraité durant sa détention, mais aussi qu’il a reçu des gifles, des coups de pieds et des coups de poing au visage et sur d’autres parties de son corps. Fayez Sarah est en mauvaise santé et il est nécessaire et urgent qu’il bénéficie d'une attention médicale.

Front Line pense que ces arrestations et la détention continue de Ali al-Abdallah, Fayez Sarah, Akram al-Bunni et Anwar al-Bunni sont des tentatives de les sanctionner à cause de leurs actions pacifiques et légitimes pour la défense des droits humains, et qu’elles font partie d’une campagne d’intimidation à l'encontre des défenseurs des droits humains en Syrie. Front Line est préoccupée par la sécurité et le bien-être des quatre défenseurs lors de leur détention et craint qu’ils soit victimes de torture et mauvais traitements.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.