Front Line est profondément préoccupée suite à l'arrestation de onze défenseurs des droits humains, ainsi que par les allégations de torture et de mauvais traitements subis par un certain nombre de personnes arrêtées. Les arrestations ont eu lieu dans les jours qui ont suivi les manifestations du 17 décembre 2007 à Manama et dans d'autres régions de Bahreïn, au cours desquels un manifestant, Jessam Ali Mekki, a été tué. Les manifestations étaient organisées par des membres du Comité national des martyrs et des victimes de la torture afin de marquer le 13e anniversaire de la mort de deux jeunes chiites tués par les forces de sécurité alors qu'ils participaient à une manifestation appelant à la restauration de la démocratie. Du 21 au 28 décembre 2007, les agents des Forces de sécurité spéciales (SSF) ont arrêté environ 50 personnes, dont au moins onze défenseurs des droits humains.
Informations complémentaires
Publié le 04/01/2008. Le 21 décembre 2007, à 4 heures du matin, Shaker Mohammed Abdul-Hussein Abdul-Aal, membre du Comité du chômage a été arrêt; à 8h, Abdulah Abdallah Mohsen Saleh, membre du Comité du chômage a été arrêté; à 08h50, Fateel Naji Ali, membre de la Société pour la jeunesse bahreïnie des droits humains (BYSHR) a été arrêté; à 14h15, Mohammed Abdullah Al Sengais, chef du Comité de lutte contre la cherté de la vie; à 17h00, ce fut le tour de Maytham Bader Jassim Al-Cheikh, membre du Comité du chômage. Le 22 décembre, à 14h00, Majid Ibrahim Salman Al-Haddad, membre du Comité du chômage a été arrêté; le 23 décembre 2007, à 23h30, Jaffar Ahmed Mohammed Ali, membre du Comité du chômage a lui aussi été arrêté. Le 26 décembre, à environ 11h00, Abdulnabi Hassan, membre du Conseil d'administration du Comité du chômage a été arrêté; le 23 décembre, à 02h00, Nader Ali Ahmad Al-Salatna, membre du Comité du chômage avait aussi été arrêté. Le 27 décembre 2007, à environ 11h00, Abdelnabi Hassan Hassan, membre du Comité du chômage a été arrêté par des membres de la SSF; le 28 décembre 2007, à 11h00, Ebrahim Mohamed Amin-Al-Arab, membre fondateur du Comité des martyrs et des victimes de la torture a été arrêté par des agents de la SSF. Abdelnabi Hassan Hassan et Ebrahim Mohamed Amin-Al-Arab avaient tous deux été arrêtés par le passé. Les onze défenseurs des droits humains ont été accusés d'avoir pris part à un «rassemblement illégal et une émeute» et de «vol d'armes et de munitions» et de « possession d'armes et de munitions sans autorisation».
Aucun des défenseurs des droits humains n’a eu accès à son avocat. Ils seraient tous été détenus au Département des enquêtes criminelles (CID) de Adliya.
Selon nos informations, un certain nombre de défenseurs des droits humains ont été maltraités et peut-être torturés durant leur détention. Des témoins ont affirmé que Naji Ali Fateel avait été détenu menotté et ses yeux bandés durant deux semaines, et que Mohammed Abdullah Al Sengais avait été menotté et ses yeux bandés pendant une semaine, et qu’il avait été détenu au secret pendant environ deux semaines; que Maytham Jassim Al-Bader Al-Sheikh avait été torturé, un témoin a même indiqué qu'il avait des traces de brûlures sur son bras et sur son ventre, à la suite d’une électrocution; il a également été menotté pour une période de temps. Les informations reçues mentionnent également que Jaffar Ahmed Mohammed Ali a probablement été menotté pendant un certain nombre de jours et il en garderait des marques sur les poignets, que Majid Ibrahim Salman Al-Haddad a été agressé physiquement, ce qui lui a causé une blessure et la perforation du tympan, qui est soignée médicalement. Des allégations de mauvais traitements et de torture ont été rapportées concernant certains des défenseurs des droits humains pendant les interrogatoires.
En outre, le 25 décembre 2007, Abdulhadi Al-Khawaja, président du Centre bahreïni pour les droits humains (Bahrain Center for Human Rights - BCHR), a été victime d'une agression physique et d'insultes verbales par un agent masqué des SSF du Bahreïn ainsi que par trois agents qui ne sont pas de nationalité bahreïnie, à l'extérieur du bureau du Procureur. Abdulhadi Al-Khawaja a été contraint de quitter l'entrée du bureau du Procureur, alors qu’il essayait d'obtenir une autorisation d'entrer. On rapporte que des membres des familles d'un certain nombre de défenseurs des droits humains en détention ont également été agressés physiquement par des agents de police.
Front Line craint que ces défenseurs des droits humains n’aient été pris pour cible par les autorités bahreïnies en raison de leurs activités pacifiques en faveur des droits humains, y compris les droits économiques et sociaux.
Action Finished:
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.