Kirghizstan: arrestation de Tolekan Ismailova et de nombreux défenseurs des droits humains lors de manifestations pacifiques

Front Line est profondément préoccupée suite à l'arrestation, le 18 décembre 2007, de la défenseure des droits humains Tolekan Ismailova, directrice du Centre des droits humains "citoyens contre la corruption", ainsi que celle de 18 autres militants des droits humains, y compris Mirsuljan Namazaliev et Jibek Ismailova du Centre de Droits humains "Kylym Shamy", survenues au cours d’une manifestation à l'Erkindik, sur la vieille place de Bichkek, au Kirghistan. Front Line est également inquiète pour la sécurité des défenseurs des droits humains Toktaim Umetalieva, président de l'Association des organisations non gouvernementales (ONG) et des organisations à but non lucratif, Nazgul Turdubekova, du Groupe des droits de la jeunesse, et Maxim Kuleshov, leader de l'ONG "World, Light, culture", qui, à l'instar de Tolekan Ismailova, ont été arrêtés et battus lors d'une autre manifestation pacifique le 20 décembre 2007.

Informations complémentaires

Posté le 21/12/2007. Le 18 décembre 2007, Tolekan Ismailova était en train d’observer une manifestation pacifique organisée par plusieurs défenseurs des droits humains et des organisations de jeunesse pour protester contre les pratiques électorales déloyales de la part du gouvernement kirghize à l’occasion des récentes élections parlementaires, qui ont eu lieu le 16 décembre 2007. La manifestation, qui a eu lieu dans le cadre d'une campagne intitulée "Je ne crois pas", s'est déroulée à proximité du Jogorku Kenesh, le bâtiment du Parlement.

Les manifestants ont été arrêtés par les autorités et emmenés aux bureaux de la milice du District de Pervomay, où ils se sont vus refuser tout contact avec des avocats. Les avocats qui ont finalement été autorisés à visiter les personnes arrêtées n'étaient pas qualifiés pour assurer leur défense devant un tribunal, tandis que les avocats qui ont légalement le droit de les défendre n'ont pas eu accès à eux.

Les personnes arrêtées lors de la manifestation ont été inculpées en vertu de l'article 392 du Code de responsabilité administrative (violation de l'ordre établi, organisation et tenue d’assemblées, réunions, processions, manifestations), remises en liberté et convoquées à comparaître devant le tribunal le vendredi 21 décembre 2007. Le jeudi 20 décembre 2007, une autre manifestation pacifique a été organisée par les militants de plusieurs mouvements de jeunesse sur la vieille place de Bichkek. A cette occasion, 31 militants ont été arrêtés par la police. La violence aurait été utilisée par la police durant les arrestations et plusieurs personnes, y compris Maxim Kuleshov, ont été blessés après avoir été battus lors de leur arrestation.

Selon les informations reçues, Maxim Kuleshov devrait être détenu pendant cinq jours, tandis que les autres participants à la manifestation seraient maintenus en isolement temporaire dans un centre de détention du Département des affaires intérieures du gouvernement de Bichkek.

Les autorités ont tenté de faire comparaître tous ceux qui ont été arrêtés les 18 et 20 décembre à huis clos, au Ministère de l'Intérieur. Les détenus ont demandé que la procédure normale soit suivie et que les affaires soient jugées devant le tribunal du district, mais le procès s'est déroulé à huis clos dans la soirée du 20 décembre. Les défendeurs n'ont pas pu disposer de suffisamment de temps pour assurer leur représentation légale et la plupart ont été condamnés à des peines allant de cinq à sept jours de prison pour leur participation à la manifestation pacifique.

Front Line croit que l'arrestation de toutes les personnes détenues, les 18 et 20 décembre 2007, est directement liée à leur travail de défense des droits humains et craint que ces derniers événements ne fassent partie d'une campagne permanente contre les défenseurs des droits humains au Kirghizstan.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.