Front Line est profondément préoccupée par l'agression, le 20 décembre 2007, d'Ali Ben Salem, défenseur des droits humains âgé de 75 ans. Ali Ben Salem est un membre fondateur de plusieurs organisations de défense des droits humains en Tunisie, y compris le Conseil national pour les Libertés en Tunisie (CNLT) et l'Amicale nationale des anciens Résistants (ANAR). Il est également président de la section de Bizerte de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH). Front Line avait prévu de rencontrer Ali Ben Salem en mai 2007 en Tunisie, mais cela s'est avéré impossible car Ben Salem avait été empêché par les autorités de se rendre à Tunis.
Informations complémentaires
Posté le 21/12/2007. Tôt dans la matinée du 20 décembre 2007, environ 60 agents de police ont encerclé la maison d'Ali Ben Salem. Quand des amis sont arrivés pour rendre visite à Ali Ben Salem à l'occasion de la fête de l'Aïd, la police a tenté de les empêcher d’entrer dans la maison par la force. Ali Ben Salem a été poussé par les policiers, ce qui a causé sa chute. Il aurait été ensuite piétiné par les agents et ses lunettes brisées. Ces incidents ont été observés par les deux chefs de secteur et de District de Bizerte, qui auraient été présents sur les lieux.
Ali Ben Salem a ensuite été transporté par ses amis à l'hôpital de Bougatfa, suivis, selon nos sources, par environ 20 agents de police. Le médecin qui l’examinait aurait reçu un appel téléphonique du gouverneur de Bizerte, qui lui a ordonné de veiller à ce que Ali Ben Salem « aille bien ». Bien que le médecin ait enregistré des traces de violences à la tête, au dos et aux épaules d'Ali Ben Salem, il n'a pas admis celui-ci à l'hôpital.
Ali Ben Salem est victime de harcèlement par les autorités depuis 2000. En avril de cette année, il a été agressé par des policiers tunisiens, ce qui lui a causé une fracture de l'épaule. Sa famille et ses amis ont souvent été empêchés d'entrer dans sa maison, qui se trouve dans le même bâtiment que la section de Bizerte de la LTDH. Depuis novembre 2005, des agents de la police et des forces de sécurité sont présents de façon quasi permanente devant la maison d'Ali Ben Salem. En juin 2006, il a été arrêté pendant quelques heures et inculpé de "diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l'ordre public" après la publication d'un communiqué de presse condamnant l'usage de la torture à la prison de Borj Erroumi. En juillet 2006, Ali Ben Salem, qui souffre d'une grave maladie cardiaque, a dû être transporté à l'hôpital après avoir été bousculé par des agents de police qui avaient encerclé le bureau de la LTDH de Bizerte afin d’empêcher une réunion.
Suite à ce récent incident, Front Line est préoccupée pour la sécurité et la santé d'Ali Ben Salem, et estime que la présence de la police et des agents de sécurité devant son domicile ainsi que sa récente agression pourraient faire partie d'une campagne permanente contre les défenseurs des droits humains en Tunisie.
Action Finished:
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.