Le 13 septembre 2007, lors de la première session de la réunion de haut niveau de l'OSCE sur les victimes du terrorisme, la délégation des États-Unis a quitté la réunion en signe de protestation contre la décision de ne pas permettre à la Société d’amitié russo-tchétchène (Russian-Chechen Friendship Society) de s'inscrire à la conférence.
Texte de la déclaration de la Société d’amitié russo-tchétchène (RCFS)
Posté le 14/10/2007. Lorsque la réunion de haut niveau a commencé ses travaux, la délégation des États-Unis s’est tournée vers l'Espagne en sa qualité de président de l'OSCE pour s'enquérir des raisons ayant motivé la décision de refus d'enregistrement de la RCFS lors de la conférence. Selon les informations qui ont été reçues d'un groupe de victimes d'actes terroristes présent à la conférence, le modérateur de la première session a expliqué que l'un des membres de l'OSCE s’est opposé à la participation de cette organisation aux travaux de la conférence. Ils ont proposé d'examiner la question. Les délégations nationales du Canada, du Royaume-Uni, du Portugal et de la Norvège, ainsi que les victimes d'actes terroristes en provenance de la Russie, ont exprimé leur indignation et leur déception face à la décision de ne pas permettre à la RCFS de participer à la réunion.
Vladimir Titorenko, représentant du Ministère des affaires étrangères (MAF) de la Fédération de Russie, est alors intervenu. Il a déclaré que la RCFS avait été dissoute en octobre 2006 sur la base d'une décision judiciaire pour «son implication dans des actes d'extrémisme et de terrorisme». Il a en outre affirmé que l'organisation interdite était en train de diffuser des entrevues avec des «terroristes internationaux tels que Maskhadov et Zakaev» sur Internet.
Titorenko a exprimé sa préoccupation face au nouvel enregistrement de l'organisation en Finlande. Il a également ajouté que la délégation officielle russe quitterait la réunion de l'OSCE si la RCFS était autorisée à assister aux travaux de l'OSCE. La délégation officielle de la Russie se compose de Vladimir Titorenko (MAF), Irina Alyoshina ( du bureau du Procureur général) et Anton Varfolomeev (MFA).
Le représentant espagnol a indiqué qu'il remettrait à plus tard l'examen de cette question.
Le représentant politique américain à l'OSCE, Chris Sybilla, a contacté la vice-présidente de la RCFS, Oksana Chelysheva, par téléphone et envoyé la déclaration de la délégation des États-Unis dans la matinée. Il s'agit d'une protestation officielle adressée à l'Espagne en tant que président de l'OSCE en ce qui concerne le refus d'enregistrement de la RCFS lors de la réunion. Elle indique: "Les Etats Unis ont appris ce matin qu’une ONG réputée, la Société d’amitié russo-tchétchène, n'a pas été autorisée à s'inscrire et à participer à la conférence d'aujourd'hui. Nous avons livré un dur combat pour le droit des ONG pacifiques à participer à ce genre de réunions. Pour cette raison, nous sommes indignés et profondément déçus par cette décision et avons décidé de déposer une protestation formelle. Cette décision ne peut en aucune façon être considérée comme un précédent pour la réunion de l’HDIM ou d'autres conférences". Après avoir diffusé cette déclaration, la délégation de l'OSCE a quitté la salle de réunion au palais de la Hofburg.
La Société d’amitié russo-tchétchène est une association publique interrégionale qui a été enregistrée à Nijni Novgorod en 2000. Après sa dissolution suite à l'arrêt rendu par la Cour suprême en vertu de la loi sur la lutte contre l'extrémisme, elle a été enregistrée comme une entité juridique finlandaise. Les plus éminentes organisations des droits humains ont fait de nombreuses déclarations sur la décision de dissolution de la RCFS. Elles ont également fait remarquer que cela fait partie de la campagne massive visant à réprimer la société civile en Russie. L'appel à la décision de dissolution de la RCFS est en cours d'examen à la Cour européenne des droits de l'homme.