Somaliland: Human Right Organisations Network pris pour cible, et son directeur Mubarik Ibrahim Aar menacé

Front Line est profondément inquiète après que le réseau d’organisations pour les droits humains au Somaliland (Somaliland Human Rights Organisations Network, SHURO-Net) ait été pris pour cible. SHURO-Net est un réseau qui regroupe plusieurs organisations de défense des droits humains, et qui opère au Somaliland. Le gouvernement aurait pris le contrôle de SHURO-Net, compromettant ainsi l’indépendance de son action. De plus, des menaces ont été proférées contre les membres de SHURO-Net, et particulièrement contre son directeur Mubarik Ibrahim Aar.
Informations complémentaires
04/12/2007 Le 24 octobre 2007, une assemblée extraordinaire de SHURO-Net a été tenue sans qu’aucun membre du conseil d’administration, qui a été élu, ne soit présent. Abdilaahi Aadan Cumar (Wayab), de SOLNA, l’agence gouvernementale de presse, a été élu nouveau directeur de l’organisation. Le Ministre de la Justice, le Ministre et le Directeur Général des Affaires Familiales, ont aussi assisté à la réunion, et ils ont chacun prononcé un discours devant l’assemblée. Des membres d’organisations de la ville de Boroma faisant partie de SHURO étaient aussi présents; ils ont déclaré que le gouverneur de la ville les avait menacés de fermer leurs bureaux s’ils ne participaient pas à l’assemblée.
Le 31 octobre 2007, le Ministre de la Justice a ordonné à la police de prendre le contrôle des bureaux de SHURO, et a reconnu le contrôle administratif par le gouvernement du conseil d’administration illégalement élu. Le 3 novembre 2007, environ 38 membres d’organisations de SHURO-Net se sont réunis, reconnaissant le conseil élu en 2005. Ils ont déclaré illégale l’assemblée du 24 octobre et ont condamné l’interférence du gouvernement dans les organisations de la société civile. Le lendemain, le directeur de SHURO-Net, Mubarik Ibrahim Aar, a été escorté de force dans les bureaux de SHURO-Net. Le Ministre de la Justice, le directeur de la Commission pour les Droits de l’Homme, le chef de la Police du district ainsi que d’autre membres du gouvernement, étaient présents dans les bureaux et ont demandé que le directeur leur passe le contrôle des bureaux et leur remette ce qu’ils contenaient.
Le 8 novembre 2007, Mubarik Ibrahim Aar a publiquement démissionné en signe de protestation contre l’ingérence du gouvernement dans SHURO-Net. Depuis ce jour, sa démission n’a pas été acceptée. Il semble qu’il ait été menacé à deux reprises par le Ministre de la Justice d’être puni s’il ne coopèrait pas avec SHURO-Net. Des menaces ont aussi été proférées contre d’autres membres de SHURO-Net. Ces menaces proviendraient directement du Ministre de la Justice et des membres de « nouveau » Conseil d’administration de SHURO.
Front Line est profondément soucieuse de l’interférence du gouvernement dans l’administration de SHURO-Net, ainsi que des menaces proférées contre Mubarik Ibrahim Aar. Front Line pense que l’indépendance des organisations et des réseaux de la société civile fait partie intégrante de toute société démocratique, et craint que les récents événements au Somaliland compromettent la capacité des organisations membres de SHURO-Net de mener à bien leur action de défense des droits humains.
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.