Front Line est profondément préoccupée par les informations concernant l'imposition de la loi martiale au Pakistan, et par les arrestations et le harcèlement des défenseurs des droits humains, notamment les juges et avocats, qui en résultent.
Informations complémentaires
15/11/2007 Le 3 novembre 2007, le Président Général Pervez Musharraf a fait une déclaration, avec effet immédiat, proclamant l’état d’urgence au Pakistan. Suite à la déclaration de l’état d’urgence, tous les juges du Pakistan ont dus prêter un nouveau serment d’allégeance en reconnaissant la déclaration du 3 novembre 2007. Depuis cette date, plus de 3000 avocats ont été détenus; le Chef de la Justice Iftikhar Muhammad Chaudhry a été limogé de son poste de façon sommaire et assigné à résidence; environ 80 pour cent des juges ont refusé de prêter serment à la nouvelle déclaration du Président. Front Line est extrêmement soucieuse que le droit et le système judiciaire n'ont plus droit de cité au Pakistan. Selon d’autres informations très préoccupantes, un nouveau décret régissant la profession va être adopté, donnant à la Haute Cour et à la Cour Suprême le pouvoir de supprimer les licences des avocats en exercice.
De nombreux avocats sont détenus pour 90 jours dans le cadre de la loi sur le maintien de l’ordre public, notamment Mme Asma Jahangir, présidente de la Commission des Droits de l’Homme du Pakistan (HRCP) et rapporteure spéciale des Nations unies pour la liberté de religion et de croyances, et le Chef de la Justice Iftikhar Muhammad Chaudhry. Un mandat d’assignation à résidence a aussi été émis contre Mme Hina Jilani, vice-présidente de la HRCP et Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, qui se trouve actuellement hors du pays. Il semblerait qu'elle risque d'être arrêtée à son retour.
Selon d’autres rapports, certains avocats détenus sont isolés et courent un risque important de subir des abus ou des mauvais traitements. De nombreux avocats auraient été battus lors des manifestations, et certains sont détenus dans des cellules d’isolement.
Front Line est particulièrement préoccupée au sujet de Muneer A Malik et Tariq Mahmood, tous deux anciens présidents du Barreau de la Cour Suprême (il semblerait que ce dernier soit détenu en isolement dans un lieu non révélé), ainsi qu'au sujet d'Ali Ahmed Kurd, ancien vice-président du Conseil du Barreau du Pakistan, qui a été livré aux services de renseignement et torturé, et d'Aitzaz Ahsan, président du Barreau de la Cour Suprême, qui serait détenu en cellule d’isolement.
Alors que Front Line salue la promesse du Président Musharraf, faite le 11 novembre, de tenir des élections en janvier 2008, nous sommes extrêmement inquiets car le processus électoral ne peut être démocratique qu'à condition que l’état d’urgence soit immédiatement levé.
Front Line craint que les juges et avocats au Pakistan aient été pris pour cible à cause de leurs actions pacifiques en faveur des droits humains.