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Published on Front Line (http://www.frontlinedefenders.org/fr)

Iran: des groupes de défense des droits humains protestent contre l’emprisonnement imminent de Delaram Ali

By chloe.hucteau
Créé 2007/11/12 - 11:27

Sept organisations de renom pour la défense des droits humains ont demandé aux autorités iraniennes d’annuler la condamnation à la prison d'une défenseuse des droits des femmes, et d'abandonner les accusations contre les autres, poursuivies à cause de leur action pacifique pour l’égalité des droits des femmes en Iran.

Déclaration commune des ONG en faveur des défenseurs des droits humains en Iran

12/11/2007 Amnesty International (AI), Equality Now (EN), la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Front Line (FL), Human Rights First (HRF), Women Living Under Muslim Laws (WLUML), l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) ont réagi face à l’annonce du risque d’emprisonnement qu’encoure la travailleuse sociale et défenseuse des droits des femmes Delaram Ali, 24 ans. En juillet 2007, elle a été condamnée à 34 mois de prison et à 10 coups de fouet, les accusations étant « participation à un rassemblement illégal », « propagande contre le système » et « trouble de l’ordre public et de la paix ». Ces accusations ont été portées contre elle après qu’elle ait participé à une manifestation pacifique sur la place Haft Tir à Téhéran le 12 juin 2006. La manifestation appelait à mettre fin aux lois discriminatoires contre les femmes. Elle a été battue par la police lors de son arrestation, et son bras gauche a été cassé. Durant son procès, son avocat n’était pas autorisé à s’adresser à la Cour pour la défendre.

Delaram Ali a reçu un appel des autorités iraniennes le 4 novembre 2007, lui stipulant que le procès en appel contre les charges à son encontre et sa condamnation était terminé et qu’elle devait se présenter devant la Cour le 10 novembre pour que sa peine soit prononcée. Les autorités l’ont prévenue que si elle ne se présentait pas, elle pourrait être arrêtée. D’autre part, il lui a été dit que sa peine de prison a été réduite à 30 mois et que les coups de fouet ont été commués. Toutefois, ni elle ni son avocat n’ont reçu de notification écrite (légalement, elle devait être prévenue par écrit par la Cour).

Plusieurs autres défenseuses des droits des femmes ont été condamnées à la prison, en relation à la manifestation de juin 2006, mais elles sont actuellement libres en attendant le résultat de leurs appels. Si Delaram Ali est emprisonnée, elle sera la première à voir sa condamnation effectivement appliquée.

Les autorités ont aussi harcelé des membres de la Campagne pour l’Egalité, lancée peu après la manifestation du 12 juin 2006, qui a pour but de récolter un million de signatures pour une pétition qui réclame la fin de la législation discriminatoire envers les femmes. Plus d’une douzaine de personnes ont été arrêtées alors qu’elles collectaient des signatures. Récemment, Ronak Safarzadeh et Hana Abdi, militantes actives de la campagne dans la province du Kordestan, ont été arrêtées les 9 octobre et 4 novembre, et sont détenues sans chef d’accusation et sans procès à Sanandaj, apparemment par des membres du Ministère des Renseignements.

Amnesty International, Equality Now, FIDH, Front Line, Human Rights First, Women Living Under Muslim Laws et l’OMCT, considèrent que l’emprisonnement de Delaram Ali, avec pour seule accusation son action pacifique pour la défense des droits des femmes, est une violation grave de sa liberté d’expression et d’association. Son assignation à comparaître semble faire partie d’une campagne délibérée des autorités iraniennes pour intimider les militants pour les droits humains et, plus largement, la société civile en Iran, où des mesures de plus en plus sévères sont prises à l'encontre les dissidents.

Par ailleurs, les organisations mentionnées ci-dessus ont exprimé leur inquiétude en ce qui concerne l’impunité avec laquelle les autorités iraniennes maltraitent les détenus lors de leur arrestation. Delaram Ali a porté plainte suite aux mauvais traitements qu’elle a subis, tout comme d’autres activistes qui ont été battues. Cependant, en octobre 2007, malgré l’existence de photos de la manifestation prouvant ces mauvais traitements, ainsi que des certificats médicaux, la plainte contre l’officier de police n’a pas été reçue.

Pour des informations complémentaires, contactez :

Amnesty International (AI): Nicole Choueiry Middle East and North Africa Press Officer

+ 44 7831 640 170 (mobile)

+44 207 413 5511 (direct line) email:nchoueir@amnesty.org

Equality Now (EN): Lakshmi Anantnarayan Communications Director in New York tel: +1 212 586 0906 email: lanant@equalitynow.org

Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme - International Federation for Human Rights (FIDH) Emmanouil Athanasiou Programme Officer Asian Desk tel:

+ 33 1 43 55 25 18 direct line: +33 1 43 55 14 07 fax: +33 1 43 55 18 80 email: eathanasiou@fidh.org

Front Line (FL) Mary Lawlor Director

+ 353 1 212 3750

Human Rights First (HRF) Neil Hicks Director, Human Rights Defender Program tel:

+ 1 212 845 5248 email: hicksn@humanrightsfirst.org

Women Living Under Muslim Laws (WLUML) Aisha Lee Shaheed Communications and Networking Office tel:

+ 44207 281 9203 e-mail: aisha@wluml.org

World Organisation Against Torture (OMCT) Delphine Reculeau Programme Manager, Human Rights Defenders Programme / Observatory for the Protection of Human Rights Defenders tel: + 41 22 809 49 39 fax: + 41 22 809 49 29 email:dr@omct.org


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