« La situation dans le pays est incertaine. Des mesures strictes ont été prises contre la presse et les avocats. La majorité des juges de la Cour suprême et quatre juges de la Haute cour n’ont pas prêté serment. Le président de la Cour a été assigné à résidence (officieusement). Le président du barreau de la Cour suprême, Aitzaz Ahsan, ainsi que deux anciens présidents, M. Muneer Malik et Tariq Mahmood, ont été placés en détention préventive pendant un mois », a annoncé la défenseuse des droits humains Asma Jahangir à Lahore.
Déclaration d'Asma Jahangir
06/11/2007 « Musharraf a perdu la tête et prend pour cible les progressistes », a déclaré Asma Jahangir à Lahore.
Le président de la Haute cour de Lahore, Ahsan Bhoon, et l’ancien leader du barreau, Ali Ahmed Kurd, ont aussi été arrêtés. La police est à la recherche de six autres avocats, notamment le président du barreau de Peshawar et de Karachi. Le président du barreau de Lahore se cache aussi. De nombreux leaders politiques ont aussi été arrêtés.
Hier, j’ai été assignée à résidence pour 90 jours, et une copie de l’avis de détention m'a été remise.
Le Président (qui a perdu la tête) a déclaré avec ironie qu’il devait sévir contre la presse et le système judiciaire afin de freiner le terrorisme. Les personnes qui ont été arrêtées sont progressistes et laïques alors qu’il offre négociations et cessez-le-feu aux terroristes.
Les avocats et la société civile vont défier le gouvernement et il y a de grands risques que la situation empire. Nous voulons que tous les amis du Pakistan fassent pression sur les États-Unis pour qu'ils stoppent toute forme de soutien à cet instable dictateur, car sa soif de pouvoir est en train de conduire le pays à la pire forme de conflit civil. Il est temps maintenant que la communauté internationale prenne des mesures préventives, sinon remettre de l'ordre dans tout cela pourrait prendre des décennies.
Il y a déjà plusieurs centaines de personnes déplacées à l’intérieur du pays, et l'espace pour la société civile a irrémédiablement diminué.
Nous pensons que Musharraf ne doit plus faire partie de l’équation et qu’un gouvernement pour la réconciliation nationale doit être mis en place. Ce gouvernement doit être soutenu par les militaires. Sans cela, il n’y a aucune solution réaliste – toutefois, il n’y a aucune garantie que cela fonctionnerait.
Asma Jahangir est une avocate pakistanaise renommée, directrice de la Commission pour les Droits de l’Homme au Pakistan et rapporteuse spéciale de l’ONU pour le Conseil des Droits de l’Homme sur la liberté de religion et de croyance. Au début de l’année, elle s’était grandement impliquée dans le mouvement pour la réhabilitation du président de la cour Iftikhar Chaudhry. Mme Jahangir a envoyé ce message de son domicile à Lahore.