Tunisie: restrictions à la liberté de mouvement du défenseur des droits humain Mohamed Abbou

Front Line est préoccupée suite à l’interdiction de voyager à l'encontre du défenseur des droits humains Mohamed Abbou. Mohamed Abbou a tenté de voyager hors de Tunisie à deux reprises, mais à chaque fois, il en a été empêché par les autorités tunisiennes.

Informations complémentaires

Le 22 octobre 2007, Mohamed Abbou n’a pu se rendre en Egypte où il devait assister en tant qu'observateur au procès de Ibrahim Essa, rédacteur en chef du journal indépendant égyptien Al-Dustur. L’Arabic Network for Human Rights Information (Réseau arabe pour l’information sur les droits de l’Homme) avait invité Mohamed Abbou à observer le procès en tant que représentant du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT).

La police des frontières tunisienne de l’aéroport international de Tunis-Carthage a empêché Mohamed Abbou d’embarquer dans l’avion pour l’Egypte. La police des frontières tunisienne l’a informé que sa libération sur parole le 24 juillet 2007 était une libération conditionnelle, et que le tribunal qui l’avait condamné en première instance ne l’avait pas autorisé à voyager. Toutefois, des avocats tunisiens ont informé Front Line que la libération de Mohamed Abbou ne comporte aucune condition ou restriction à sa liberté de mouvement.

Le 24 août 2007, Mohamed Abbou avait été interdit de voyager au Royaume-Uni, où il devait donner une interview à la chaîne de télévision Al-Jazeera. Une fois à l’aéroport international de Tunis-Carthage, les autorités l’ont informé qu’il n’avait pas la permission de quitter la Tunisie.

Mohamed Abbou est avocat et membre du CNLT. Il est l’ancien directeur de l’Association Tunisienne des Jeunes Avocats (ATJA) et il est membre de l’Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques (AISPP). Mohamed Abbou avait été arbitrairement arrêté le 1er mars 2005 à Tunis, et injustement condamné à trois ans et demi de prison en avril 2005. Il était poursuivi pour la publication d’un article sur Internet, dans lequel il dénoncait les prisons tunisiennes, les comparant à Abu Ghraib. Lors de son emprisonnement, Mohamed Abbou a été victime de mauvais traitements, et l’accès à des soins médicaux appropriés lui a été refusé. Ces proches, plus particulièrement sa femme Samia Abbou, ont été victimes de harcèlement continu et d'une surveillance intrusive. Le 7 décembre 2006, Samia Abbou et un certain nombre de défenseurs des droits humains ont été physiquement agressés devant la prison de El Kef par un groupe de personnes habillées en civil, alors que Samia tentait de rendre visite à son mari. Mohamed Abbou a été libéré le 24 juillet 2007, suite à une mobilisation internationale.

Depuis sa libération, Mohamed Abbou est victime de restrictions qui ne sont pas conformes aux conditions ou aux restrictions liées à sa liberté conditionnelle. Le 18 août 2007, une personne inconnue a retiré la somme de 3700 dinars tunisiens (environ 2 200 euros) d’un guichet Western Union, somme que Front Line avait envoyé à Mohamed et Samia Abbou. Cette somme devait couvrir les frais du voyage de sa famille à Paris. L’argent a par la suite été retourné à Western Union. Front Line a été informé que les autorités tunisiennes interdisent à Samia Abbou de recevoir de l’argent via Western Union.

Front Line considère que l’interdiction de voyager et le harcèlement dont sont victimes Mohamed Abbou et sa famille constituent une tentative des autorités tunisiennes d'empêcher Mohamed Abbou de mener à bien ses activités pacifiques et légitimes de défense des droits humains.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.