Bruxelles: «Les restrictions contre les défenseurs palestiniens favorisent l'émergence du militarisme et l’extrémisme»

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« Les restrictions au travail des défenseurs des droits humains palestiniens et de la société civile facilitent et encouragent la montée du militarisme et de l’extrémisme », a déclaré Front Line, la Fondation internationale pour la protection des défenseurs des droits humains, à la veille d'une rencontre entre l’Union européenne et Israël, tenue dans le cadre de leur dialogue politique et de coopération.

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19/10/2007 « Alors que les représentants d’Israël et de l’UE se rencontrent à Bruxelles dans le cadre de leur dialogue politique et de coopération, il est important de donner la priorité au rôle crucial des défenseurs des droits humains qui travaillent pacifiquement pour la protection des droits humains dans les territoires palestiniens occupés», a déclaré lundi Vincent Forest, responsable du Bureau européen de Front Line à Bruxelles.

La rencontre du sous-comité pour le dialogue politique et la coopération entre l’UE et Israël, qui doit se tenir le 22 octobre 2007, constitue une opportunité unique pour l’Union européenne de traiter des cas individuels des défenseurs des droits humains menacés par les autorités israéliennes. Front Line attire particulièrement l’attention sur les restrictions à la liberté de mouvement des défenseurs des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, imposée par les autorités israéliennes.

Front Line s'inquiète des restrictions sévères et permanentes qui affectent la liberté de circulation des défenseurs des droits humains palestiniens. Durant ces derniers mois, les défenseurs qui cherchent à protéger et à promouvoir les droits humains dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ont été victimes d'entraves de plus en plus fréquentes à leur travail.

Les récents événements politiques dans la bande de Gaza et les réactions des autorités israéliennes ont davantage restreint la libre circulation des défenseurs des droits humains. Front Line s'inquiète de cette politique de restrictions, qui a atteint un tel sommet que cela constitue une peine collective, interdite par l’article 33 de la Quatrième Convention de Genève.

Les défenseurs des droits humains sont souvent empêchés de rencontrer d’autres défenseurs ou des délégations internationales.

Par exemple, le 9 septembre 2007, Raji Sourani, du Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme (PCHR), devait rencontrer Tony Blair, l'envoyé spécial du Quartet pour le Proche-Orient, afin de discuter de la situation dans la bande de Gaza. La rencontre devait avoir lieu à Jérusalem. Le cabinet de Tony Blair avait pris de l’avance et avait entamé des procédures afin qu'un permis soit délivré à Raji Sourani afin de lui permettre de se rendre à Jérusalem. Cependant, peu de temps avant la rencontre, son permis lui a été refusé. Raji Sourani a déclaré qu’aucune explication ne lui a été donnée en ce qui concerne cette décision.

De même, le 18 septembre 2007, Mona Shawa, directrice de l’Unité pour les droits des femmes du PCHR, et Rami Abu Shaaban, comptable du PCHR, n’ont pas obtenu l’autorisation de se rendre à Jérusalem, où ils devaient rencontrer un représentant de Kvinna Till Kvinna et de Novib. Le 26 septembre 2007, il a été interdit à Rami Abu Shaaban et Mona Shawa de se rendre à Jéricho où ils devaient participer à un atelier organisé par Danish Church Aid sur la question des femmes. Chacun avait un permis valide d’un mois, mais ils ont dû rester six heures au poste de contrôle de Erez. Ensuite, sans aucune raison, ils ont été contraints de retourner à Gaza.

« Non seulement ces restrictions empêchent les défenseurs des droits humains de mener à bien leur travail légitime, mais elles favorisent le militarisme et l’extrémisme », a déclaré Vincent Forest.

Front Line appelle l’UE à faire pression sur Israël pour qu’il autorise les défenseurs des droits humains à se rendre en Cisjordanie via Erez, mais aussi à Jérusalem-Est, et qu’il ouvre le passage de Rafah, la seule porte de sortie de Gaza vers le monde extérieur. Comme mesure temporaire, nous demandons à l’UE de faire pression sur Israël afin qu’il assure aux défenseurs des droits humains venant de Gaza la permission de passer par Erez pour se rendre en Jordanie lorsqu’ils doivent voyager à l’étranger.

Recommandations faites à l’UE dans le cadre de la rencontre du sous-comité pour le dialogue politique et la coopération avec Israël:

1. Demander aux autorités israéliennes de délivrer des permis de déplacement aux défenseurs des droits humains qui souhaitent se rendre à des évènements, et notamment à Raji Sourani et Jabbar Wishah pour qu’ils se rendent à la prochaine conférence de Front Line qui se tiendra à Dublin du 22 au 24 novembre 2007.

2. Travailler avec Israël pour le développement d'un système cohérent, accessible et juste qui facilite les activités des défenseurs tout en étant en accord avec leurs droits énoncés dans les déclarations, orientations et traités internationaux. Ceci pourrait inclure le développement d’un processus qui faciliterait et accélèrerait la capacité des défenseurs des droits humains à jouir de leur liberté de circulation.

3. Demander au Service Général de la Sûreté Israélienne et à la Coordination des Activités du Gouvernement dans les Territoires occupés (COGAT) qu'ils incluent de toute urgence un critère « défenseurs des droits humains » dans le processus qui détermine ceux qui sont autorisés à demander un permis de déplacement.

4. Développer une stratégie cohérente pour le renforcement de la position des défenseurs des droits humains palestiniens et israéliens. Une partie de cette stratégie doit s’assurer que l’UE use de son influence et de ses moyens pour que tous les défenseurs des droits humains puissent circuler librement sans être sujets à des restrictions. Cette stratégie doit aussi reconnaître et fournir des solutions concrètes pour supprimer toutes les autres restrictions et toutes les formes de harcèlement que subissent les défenseurs.

5. Reconnaître et encourager le rôle clé que les défenseurs des droits humains jouent dans le développement d’une société palestinienne démocratique, ainsi que la contribution tant des défenseurs israéliens que palestiniens dans le processus pour une résolution juste et durable du conflit.

POUR DE PLUS AMPLES INFORMATIONS, CONTACTER: Jim Loughran, Responsable de la communication; Front Line 00353-1 212 3750; Ligne directe 00353-1212 10 01; mobile 00353-879377586, e-mail jimloughran@frontlinedefenders.org