Front Line est profondément préoccupée suite à l’attaque perpétrée le 18 septembre 2007 contre la famille de Justine Masika Bihamba, défenseuse des droits humains à Goma, dans la province du Nord-Kivu. Justine Masika Bihamba est la présidente de l’organisation non-gouvernementale "Synergie des femmes pour les victimes des violences sexuelles" (SFVS).
Informations complémentaires
21/10/2007 Le 18 septembre 2007, vers 18h30, six individus armés portant l'uniforme militaire sont entrés par effraction dans le domicile de Justine Masika Bihamba. Les six enfants de Justine Masika Bihamba se trouvaient à cet instant dans la maison. Les hommes ont ligoté avec des ceintures les membres de la famille qui se trouvaient dans le salon. Ils ont ensuite ligoté les deux filles de Justine Masika Bihamba à l'aide d'un fil de rallonge et les ont questionnées sur l'endroit où se trouvait leur mère. Ils ont également tenté de les violer. L'une d'entre elles a été agressée sexuellement alors que l'autre a eu une dent cassée suite à un coup porté au visage. Les hommes ont ensuite forcé la porte de la chambre de Justine Masika Bihamba et ont fouillé dans ses documents.
Entre-temps, Justine Masika Bihamba et son chauffeur sont arrivés au portail de la maison. Lorsque Justine Masika Bihamba a vu l'un des hommes armés lui ouvrir le portail, elle a demandé à son chauffeur de faire demi-tour et de s'éloigner de la maison. Elle a alors immédiatement téléphoné à la police militaire pour leur demander une assistance urgente. La police militaire est arrivée sur les lieux 15 minutes plus tard, mais les hommes armés s'étaient déjà enfouis. La police a procédé au blocage des routes dans le quartier. Les hommes armés ont volé un téléphone portable et de la nourriture provenant de la maison de Justine Masika Bihamba.
Lors de l'attaque, Justine Masika Bihamba, le chauffeur et l'une de ses filles sont parvenus à identifier quatre des hommes armés comme faisant partie de la garde militaire du Colonel Mosala, qui vit dans les environs. Justine Masika Bihamba et ses filles, accompagnées par un convoi de la police militaire et par des agents de la police d’intervention rapide (PIR), se sont rendues au domicile du Colonel Mosala, où elles ont identifié les quatre hommes armés comme étant ceux qui étaient entrés par effraction à leur domicile et avaient agressé les membres de la famille. Alors qu'ils étaient à la maison du Colonel Mosala, l'un des gardes militaires s'est adressé à Justine Masika Bihamba devant la police militaire et les agents de la PIR et lui a dit: “Vous pensez que ce serait un problème de vous tuer? Ce ne l'est pas, on a déjà tué deux personnes aujourd'hui”.
Aucun des hommes n'a été arrêté jusqu'à présent. Justine Masika Bihamba a déposé une plainte officielle auprès du Chef d'état-major des Forces armées de la République Démocratique du Congo.
Front Line est d'avis que l'entrée par effraction dans son domicile et l'agression contre sa famille visent à intimider Justine Masika Bihamba et à lui faire du mal, à elle et à sa famille. Sa famille a été visée en raison des activités pacifiques de Justine Masika Bihamba dans le domaine des droits humains, et en particulier son travail de documentation et de dénonciation des cas de violence sexuelle dans le Nord-Kivu.