Front Line est préoccupée suite à l’annonce de l’exclusion des médias nationaux du Bahreïn de Ghada Jamsheer, militante pour la protection des droits humains et présidente du Women's Petition Committee (WPC). Le WPC est un réseau de femmes activistes bahreïnies qui milite pour la codification des lois familiales au Bahreïn et pour la réforme des tribunaux familiaux de la charia.
Informations complémentaires
10/10/2007 Le 6 octobre 2007, les journaux ainsi que d’autres médias au Bahreïn ont reçu l’ordre de ne publier ou diffuser aucune information liée à Ghada Jamsheer. L’ordre aurait directement été donné, semble-t-il, par la Cour royale, par le biais du ministre Shaikh Khalid bin Ahemd Al-Khalifa. En avril 2007, Ghada Jamsheer avait adressé une lettre au roi Sheikh Hamad bin Asa Al-Khalifa, dans laquelle elle critiquait l'incapacité du Conseil Suprême pour les Femmes à promouvoir les droits des femmes et à rester fidèle à la politique du gouvernement. Le Conseil Suprême pour les Femmes est présidé par la reine Sheika Sabika Bint Ibrahim Al-Khalifa.
Ghada Jamsheer est victime de harcèlement, notamment d’une campagne de harcèlement judicaire. En 2005, elle a dû faire face à trois différentes accusations pour avoir soit-disant critiqué certain juges du tribunal familial. Ces charges ont été abandonnées le 19 juin 2005. Depuis 2006, Ghada Jamsheer est sous surveillance permanente; des fonctionnaires en civil du service de sécurité publique du Ministère de l’Intérieur sont présents 24 heures sur 24 devant chez elle.
Front Line craint que l’exclusion des médias dont est victime Ghada Jamsheer soit directement liée à son travail de défense des droits humains, en particulier les droits des femmes au Bahreïn, mais aussi que cela fasse partie d’une campagne contre les défenseurs des droits humains dans le pays.