Colombie: détention des membres de l’Asociación Campesina del Valle del Río Cimitarra (ACVC)

Front Line est particulièrement inquiète suite à l’annonce d’une campagne de harcèlement judicaire contre des membres de l’Asociación Campesina del Valle del Río Cimitarra – ACVC (Association des Paysans de la Vallée du Cimitarra). Actuellement, dix-huit membres de l’ACVC font face à des procédures judicaires, dont Andrés Gil, Óscar Duque, Mario Martínez et Evaristo Mena qui ont été arrêtés le 29 août 2007, et sont toujours détenus à la prison de Modelo à Bucaramanga.

Informations complémentaires

05/10/2007 Le 29 août 2007, lors d’une réunion publique à Cagüí, Cantagallo, trois membres de l’ACVC, Andrés Gil, coordinateur de l’ACVC à Barrancabermeja; Óscar Duque, membre d’un groupe de travail; et Evaristo Mena, ont été arrêtés et détenus par des agents du Département Administratif de Sécurité (DAS) et par des officiers de l’armée. Selon les informations reçues, des coups de feu auraient été tirés en l’air par les membres du DAS, au milieu du public qui tentait d’empêcher les arrestations. Le même jour, Mario Martínez, trésorier de l’ACVC, a été arrêté chez lui à Barrancabermeja par des membres du DAS.

Par ailleurs, le 29 août 2007 à environ 16h00, des officiers de l’armée ainsi que des agents du DAS ont pénétré dans le bureau régional de l’ACVC. Le bureau est situé dans un immeuble où des membres de l’ACVC résident avec leur famille. Les officiers de l’armée et les agents du DAS détenaient des mandats d’arrêt contre 14 autres membres de l’ACVC. Il n’y a pas eu d’arrestation à ce moment-là. Le 1er octobre 2007, des membres du DAS ont pénétré pour la seconde fois dans les bureaux de l’ACVC, mais personne n’était présent. Les mandats d’arrêt contre les 18 membres de l’ACVC avaient, semble-il, été délivrés par le procureur de Barrancabermeja (Fiscalía Tercera Seccional).

Andrés Gil, Óscar Duque, Mario Martínez et Evaristo Mena sont actuellement détenus à la prison de Modelo à Bucaramanga. Ils ont été inculpés d’acte de rébellion.

Au cours de l’année 2007, les membres de l’ACVC ont été pris pour cible. Début septembre 2007, lors d’une audition avec le procureur de Barrancabermeja, un Commandant de la Division centrale Bolívar des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), aurait accusé un certain nombre d’organisations, dont l’ACVC, « d’actes criminels au nom du marxisme ». Le 31 juillet 2007, deux organisations de défense des droits humains, Corporación Regional para la Defensa de los Derechos Humanos (Corporation Régionale pour les Droits Humains, CREDHOS) et l’Organización Femenina Popular (Organisation populaire de femmes, OFP), ont reçu des courriels soutenant qu’elles, ainsi que les membres de l’ACVC, seraient visées si elle ne cessaient pas leurs activités de défense des droits humains. Le courriel déclarait également comme cibles militaires plusieurs membres de ces organisations. Le message avait apparemment été envoyé par un groupe paramilitaire connu sous le nom de « Águilas Negras » (« Aigles Noirs »).

Le 5 octobre 2006, Óscar Duque était arbitrairement arrêté par des officiers militaires, chez lui, dans la municipalité de Yondó et Cantagallo, dans la vallée du Cimitarra. Il fut relâché deux jours plus tard.

Front Line craint que les arrestations et détentions de Andrés Gil, Óscar Duque, Mario Martínez et Evaristo Mena, ainsi que les mandats d’arrêt délivrés à l’encontre de 14 autres membres de l’ACVC, fassent parti d’une campagne de harcèlement judiciaire contre les membres de l’ACVC, et soient directement liés au travail de défense des droits humains de l’ACVC en Colombie, plus particulièrement leurs efforts pour promouvoir une « reserva campesina » dans la région de Magdalena del Medio.

L’ACVC est une organisation légale qui se bat pour la défense des droits des personnes déplacées en Colombie. En juillet 2007, l’ACVC a agi en tant qu’interlocuteur au nom du gouvernement lors de la signature d’un accord visant à combattre la crise humanitaire qui touche la région.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.