Ce rapport documente l'environnement d’intolérance, le discours homophobe et la violence auxquels sont confrontés les militants lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, défenseurs de droits humains. Il livre aussi des exemples de tentatives de nier des droits fondamentaux, y compris la liberté d’association, de réunion et d’expression, ainsi que la défaillance des acteurs étatiques à assurer leur protection.
Extrait du rapport de l’ILGA au Conseil de l’Europe
Publié le 14/09/2007. Les difficultés spécifiques auxquelles sont confrontées les militants lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, défenseurs de droits humains ont été mises en évidence par le rapporteur spécial des Nations Unies chargé de la protection des défenseurs de droits humains, dans un récent rapport. Depuis la création de son mandat le représentant spécial a recensé 36 cas d’agressions présumées et de menaces contre les défenseurs des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, à travers le monde.
Les défenseurs ont été menacés, leurs bureaux et leurs maisons ont été saccagés ; ils ont été agressés et continuellement harcelés par des menaces de mort. A cet égard, le manque de sérieux quasi total avec lequel les autorités publiques concernées traitent ces cas est particulièrement inquiétant.
Dans de nombreux cas de par le monde, des policiers ou des agents de l’Etat sont les auteurs présumés des violences et des menaces contre les défenseurs des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Dans plusieurs autres cas, les autorités ont interdit les manifestations, conférences et réunions et refusé la légalisation des organisations œuvrant pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres. Les autorités ont généralement tenté de justifier leur action contre ces défenseurs en soutenant que « le public » est opposé à la tenue de ces manifestations ou à la légalisation de ces organisations, ou "que « les habitants » n’admettent pas la présence de lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres au sein de leur communauté.”
Dans plusieurs pays européens, les militants lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres défenseurs de droits humains travaillent dans un contexte caractérisé par un seuil très élevé d’intolérance. Cette intolérance n’est pas du seul fait des groupes extrémistes, mais trouve aussi son expression dans un discours homophobe tenu publiquement par des acteurs appartenant aux principaux courants politiques ou dirigeants religieux ; ce discours est reflété dans l’attitude et les actes de beaucoup d’agents de l’Etat et même, plus généralement, de toute la société.