RDC: nouvelles menaces de mort envoyées aux défenseurs des droits humains Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi

Front Line est profondément préoccupée suite aux informations reçues concernant les nouvelles menaces de mort proférées à l'encontre des défenseurs des droits humains Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi en 2007.

Informations complémentaires

Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi sont respectivement président et secrétaire général de “Journalistes en Danger” (JED), une organisation basée à Kinshasa qui défend la liberté de la presse. JED est membre de IFEX (International Freedom of Expression Exchange) et du réseau international de reporters sans frontières,

La dernière menace de mort reçue par Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi date du 29 août 2007. Ce jour-là, ils ont reçu un fax anonyme envoyé au bureau de JED à partir du numéro de fax 002432341165, ordonnant « pour la première et la dernière fois » à Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi de ne plus « plonger (leur) doigt dans le dossier du journaliste Franck Ngyke », assassiné en 2006. Le message les menaçait dans les termes suivants: « Votre temps viendra et nous saurons quoi faire de vous deux ».

Le 6 février 2006, après avoir publié une enquête indépendante sur le double assassinat, le 3 novembre 2005, du journaliste Franck Ngyke Kangundu et de son épouse Hélène Mpaka, Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi avaient déjà reçu des menaces de mort et avaient été contraints à s'exiler pendant trois semaines. Leur enquête rejetait la thèse officielle avancée par le gouvernement et mettait en exergue une piste politique. Les 9 et 12 mars 2006, ils étaient reçus par le Président Joseph Kabila qui aurait promis de garantir leur sécurité et de les associer à l’enquête judiciaire en cours. Tout au long du procès, Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi ont été intimidés et ont reçu des menaces.

Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi ont également reçu des menaces, après avoir déclaré, dans un communiqué de presse du 15 juin 2007 repris par les médias, que Serge Maheshe, défenseur des droits humains et journaliste à la Radio Okapi (soutenu par la MONUC) à Bukavu (province du Sud-Kivu), assassiné le 13 juin 2007, avait reçu un mois avant son assassinat des menaces de mort provenant des militaires de la Garde Républicaine (Garde Présidentielle), qui dépend directement du Président de la République Joseph Kabila. JED demanda que ces militaires soient entendus par les enquêteurs. De plus, face à la précipitation de la justice militaire, qui avait ouvert un procès public moins de 24 heures après l’assassinat, mettant en cause une dizaine de personnes dont des femmes et des enfants et deux militaires, JED avait dénoncé, au cours d’une interview le 15 juin 2007, “la précipitation et une tentative de brouiller les pistes” et “de protéger les véritables assassins”. Donat Mbaya Tshimanga a reçu des menaces par téléphone, lui demandant de ne pas se mêler de l’affaire Serge Maheshe s'il ne voulait pas qu'on s'en prenne à sa famille. Tshivis Tshivuadi quant à lui, a reçu un appel téléphonique, dont l’auteur a déclaré bien connaître son épouse et ses enfants et l’a mis en garde contre la possibilité de voir une roquette s’abattre sur sa maison. Le 6 juillet 2007, Donat M’Baya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi, auraient été prévenu par une source fiable que les activités de JED, entre autres dans l'affaire Maheshe, provoquaient le mécontentement au sein du pouvoir. Cette source leur aurait conseillé de “faire profil bas.”

Le 31 juillet 2007, à la suite d’une conférence de presse donnée par Donat Mbaya Tshimanga afin de dénoncer la modification de deux projets de loi conduisant à restreindre la liberté de la presse, le Ministre de l’Information et de la Presse, Toussaint Tshilombo Send, accordait une interview à la chaîne de télévision privée « Antenne A », au cours de laquelle il a qualifié JED d’organisation « anti-patriotique qu’il faut anéantir à tout prix » et « chargée par les ennemis de la République Démocratique du Congo de salir l’image du pays à l’étranger pour des raisons bien connues ». Suite à ces menaces, Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi ont été contraints à quitter temporairement la RDC.

Front Line est d'avis que ces menaces visent à dissuader JED et particulièrement Donat Mbaya Tshimanga et Tshivis Tshivuadi de poursuivre leurs activités légitimes dans le domaine de la protection des droits humains des journalistes en RDC.

Action Finished: 

Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.

Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.