Front Line est profondément inquiète de la détention des défenseurs des droits humains Saleh Kamrani et Sa’id Metinpour, actuellement détenus dans la section 209 de la prison d’Evin, à Téhéran. Saleh Kamrani est avocat et représente les Iraniens d’Azerbaïdjan. Lui et le journaliste Sa’id Metinpour contribuent activement à promouvoir les droits de la communauté irano-azerbaïdjanaise en Iran.
Posté le 28/08/07
Le 18 août 2007, Saleh Kamrani s’est fait arrêter par quatre individus en civil lors d’un mariage en famille dans la ville de Karaj, près de Téhéran. Ils ont confisqué son ordinateur, des documents personnels, des photos de famille et l’appareil photo de sa femme, ainsi que des documents et photographies appartenant au propriétaire de la maison dans laquelle Saleh Kamrani séjournait. L’endroit où il se trouvait n’a pas été divulgué avant le 21 août, date à laquelle on l’a autorisé à passer un bref coup de téléphone à sa famille. Il n’aurait pas eu le droit d’utiliser sa langue maternelle, l’azéri, l’empêchant ainsi de parler à sa mère qui ne comprend pas le persan. Il a confirmé être détenu dans la section 209 de la prison d’Evin, mais il n’avait pas été mis au courant des raisons de son arrestation.
Saleh Kamrani avait déjà été pris pour cible dans le passé, par exemple le 14 juin 2006 où il avait été arrêté par les autorités alors qu’il rentrait chez lui de son travail. Il avait été détenu trois mois dans la section 209 de la prison d’Evin, dont 97 jours en isolement. Il aurait été interrogé longuement sur son métier puis menacé. On l’aurait également soumis à de la torture psychologique, notamment en le menaçant d’arrêter sa femme. Le 18 septembre 2006, il fut condamné à un an d’emprisonnement et suspendu cinq ans pour « propagande contre le système ».
Sa’id Metinpour, un journaliste spécialisé dans les droits humains a été arrêté le 25 mai 2007 dans le nord-ouest du pays, à Zenjan. Il est actuellement détenu dans la section 209 de la prison d’Evin, et il n’a été autorisé à voir ni sa famille, ni un avocat. Il aurait subi des tortures et des mauvais traitements, à la suite desquels son état de santé se serait dégradé. Il a également passé la plupart du temps dans une cellule d’isolement, dans le but de le pousser à témoigner devant une caméra. Avant son arrestation, Sa’id Metinpour avait été détenu durant 10 jours, en février 2007, en rapport avec sa participation à des manifestations pacifiques à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, une manifestation annuelle organisée le 21 février par l’UNESCO, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
Front Line est très inquiète à l’idée que l’arrestation et la détention de Saleh Kamrani et de Sa’id Metinpour fassent partie d’une campagne lancée contre les défenseurs des droits humains des minorités en Iran, en particulier contre ceux oeuvrant pour les droits de la communauté irano-azerbaïdjanaise dans le pays. Front Line s’inquiète également pour l’intégrité physique et psychologique des deux hommes, suite au fait que Sa’id Metinpour aurait été torturé.
Action Finished:
Cette action urgente est désormais clôturée. Plus aucune action n'est requise à ce stade. Merci d'avoir agi pour ce cas.
Front Line publie quotidiennement des appels pour des défenseurs des droits humains en danger. Ces appels restent normalement accessibles sur notre site web pendant une période pouvant aller jusquà six semaines, en fonction de la situation. Après quoi, ils sont archivés. Front Line garde un oeil sur tous ces cas, mais plus aucune action n'est requise après la période de six semaines, à moins d'un développement significatif du cas en question.