Manille: les ministres des affaires étrangères de l’ASEAN se sont mis d'accord sur la mise en place d’une commission des droits

MANILLE (Reuters) – Les ministres des affaires étrangères des pays de l’Asie du Sud-Est se sont mis d'accord sur la mise en place d’une commission des droits humains après que le Myanmar, dirigé par un régime militaire, ait abandonné ses objections au projet. Mais selon les diplomates, de nombreuses divergences persistent. Le sujet a créé un désaccord parmi les dix membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et a menacé de détourner l’attention des efforts du groupe en matière d' intégration économique.

Information complémentaire "Nous nous sommes mis d’accord sur la création d’une commission des droits humains," a déclaré George Yeo, Ministre des Affaires Etrangères du Singapour, au journaliste après la première session de la réunion ministérielle de l’ASEAN dans la capitale des Philippines. "Nous avons trouvé un consensus au niveau ministériel. Le Myanmar a adopté une attitude positive vis-à-vis de tout cela." Il a ajouté que les ministres devaient maintenant se mettre d’accord sur les termes de référence et autres points spécifiques, mais que cela se ferait rapidement. Un diplomate, participant aux discussions, a déclaré que la Malaisie, l’Indonésie, le Singapour, la Thaïlande, les Philippines et Brunei, les six plus anciens membres de l’ASEAN, ont convaincu le Myanmar, le Laos, le Cambodge et le Vietnam d’accepter l’accord en principe.

Le Myanmar s’était opposé à l’idée, alors que les trois nations indochinoises avaient demandé un délai supplémentaire, a ajouté le diplomate. « Mais les principales divergences ont pour la plupart été mises de côté. Pour l’instant, aucun calendrier n’a été établi et nous ne nous sommes pas encore mis d'accord sur le contenu et la forme de l’accord. De plus, chaque point doit être approuvé par les dirigeants ». La mise en place d’une institution des droits humains fait partie intégrante d'une charte historique que l’ASEAN tente de finaliser avant le sommet des présidents et des premiers ministres de la région en novembre.

George Yeo a également ajouté que les dirigeants débattraient de si oui ou non l’ASEAN doit abandonner sa méthode de résolution des problèmes basée sur le consensus au profit du vote. Ils prendront également une décision sur la façon de pénaliser les membres qui violeraient la charte. Plus tôt dans la journée du lundi, la Présidente philippine Gloria Macapagal Arroyo avait appelé à l’unité de la région et à se concentrer sur l’objectif d’intégration économique de l’ASEAN qui doit être atteint d’ici 2015.

"La communauté de l’ASEAN va être ancré avant tout sur l’intégration économique, avec un accent mis sur la justice sociale et l’élévation des niveaux de vie dans la région,” a déclaré la Présidente philippine lors de l’ouverture de la réunion ministérielle. « Il s’agit de créer une force dynamique en Asie afin de tirer le maximum de bénéfice de la globalisation. On s’est trop servi de notre diversité comme barrière. Notre diversité est une force et non un obstacle à la création d’une union asiatique de l'Est.”

Cependant, des analystes s’accordent sur le fait que l'idée d'un code des droits humains de l’ASEAN sera difficile à mettre en place en raison des différentes interprétations du terme au sein du groupe et des lois anti-terroristes plus strictes dans la région. “Ce que l’ASEAN peut réaliser de mieux avec sa charte historique c'est l'engagement de faire d’avantage d’efforts en matière de respect des droits humains, » a déclaré la journaliste Ana Marie Pamintuan dans le journal philippin Star.

"Les clauses de la charte devront être formulées de façon vague sinon, plusieurs lois anti-terroristes seront considérées comme des violations. »