Iran: enlèvement d’un responsable syndical et défenseur des droits humains

Mansour Osanloo, défenseur des droits humains

Le défenseur des droits humains et président du Syndicat de la Société des Bus de Téhéran et de sa Banlieue (Sandikaye Kargarane Sherkat-e Vahed), Mansour Osanloo, a été enlevé le 10 juillet 2007 par des assaillants non identifiés. Il serait désormais détenu à la prison d’Evin, selon les dernières informations reçues par Front Line.

Selon les rapports, il a été violemment battu par ses assaillants avant d’être embarqué sans ménagement dans un véhicule non immatriculé, qui l’avait suivi à différents moments de la journée. Quelques jours avant l’enlèvement de Mansour Osanloo, Ebrahim Madadi, le vice-président du syndicat, avait été arrêté par la police suite aux manifestations généralisées des syndicats à Téhéran, avant d'être relâché peu de temps après.

Mansour Olansoo est victime d’actes de harcèlement à répétition depuis 2005 et il a été placé en détention à plusieurs reprises. Le 22 décembre 2005, il a été arrêté du fait de ses activités syndicalistes et de ses contacts avec les organisations internationales telles que l’OIT, les Nations unies et les organisations internationales du travail. Il a été détenu et gardé au secret à la prison d’Evin à Téhéran pendant sept mois, avant d’être libéré le 22 août 2006. Le 8 novembre 2006, Mansour Osanloo a été à nouveau arrêté par la police de Tabriz et placé en détention pendant quelques heures avec neuf représentants du Sherkat-e Vahed.

A ce moment-là, le groupe se rendait à Tabriz pour participer à un atelier organisé par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). De même, le 19 novembre 2006, il a été arrêté avec son collègue Ebrahim Madadi par des policiers en civil, alors qu’ils se rendaient au Ministère du Travail de Téhéran. Aucun motif n’a été donné pour justifier les arrestations et les deux hommes auraient été agressés physiquement et verbalement, avant que Mansour Osanloo ne soit contraint à monter dans une voiture, puis placé en détention dans la section 209 de la prison d’Evin. L'accès à son avocat lui a été refusé jusqu’en décembre 2006.

Le 26 décembre 2006, Mansour Osanloo a comparu devant la 14ème Chambre de la Cour Révolutionnaire avec 17 autres syndicalistes pour répondre aux chefs d’inculpation qui pesaient sur lui; la nature exacte de ces chefs d’inculpation restant inconnue. Le Ministre de la Justice et le porte-parole du Ministère auraient déclaré que M. Osanloo avait été arrêté pour non présentation devant les autorités alors qu’un mandat d’arrêt avait été émis à son encontre. Toutefois, son avocat a certifié qu’il avait été uniquement demandé à Mansour Osanloo de se présenter devant la Cour le 20 novembre 2006. Une caution de 30 millions de toman a été exigée par la Cour le 5 décembre 2006 pour sa libération (environ 150.000 euros), précisant que seule sa femme était autorisée à payer cette caution. Mansour Osanloo a été libéré le 19 décembre 2006.

Front Line pense que l’enlèvement et la détention de Mansour Osanloo, ainsi que les actes d’intimidation et de harcèlement dont il a été victime à maintes reprises, ont pour but de décourager ses activités légitimes et pacifiques de défense des droits humains en Iran, notamment des droits à la liberté d’expression, d’opinion, de rassemblement et d’association.

Front Line est profondément préoccupée par sa sécurité et exhorte les autorités iraniennes à le libérer immédiatement et à ouvrir une enquête sur son enlèvement, afin de traduire les responsables en justice. Front Line encourage également les autorités à garantir l’intégrité physique et psychologique de Mansour Osanloo lors de sa détention.