Depuis le 1er juillet 2007, le défenseur des droits humains et Vice-président du Centre Bahreïni des Droits de l’Homme (Bahrain Centre for Human Rights – BCHR), Nabeel Ahmed Rajaba, est victime d’actes de harcèlement à répétition et a été suivi quotidiennement par des véhicules civils depuis et jusqu’à son domicile. En 2005, Nabeel Ahmed Rajab avait fait l’objet d’une campagne de calomnies durant laquelle les membres de sa famille, ses amis, ses associés et des représentants du gouvernement ont reçu des lettres et des messages SMS anonymes l’accusant d’« espionnage » et d’« actes de trahison ».
Le 19 juillet 2005, Nabeel Ahmed Rajab a été frappé par des officiers de police au cours d’une manifestation pacifique en solidarité avec le Comité des Chômeurs. Il a été blessé à la tête et a eu le doigt et le bras cassés. Plus récemment, en octobre 2006, il a été convoqué par le Procureur Général pour être interrogé sur le commentaire relatif au «scandale Bandargate » publié sur son site Internet.
Le scandale « Bandargate » fait référence à l’affaire du Dr Salah Al-Bandar, un ancien conseiller du Ministère des Affaires du Conseil des Ministres du Bahrein, qui avait été accusé, en son absence, d’avoir saisi des documents gouvernementaux pour la publication d’un rapport dans lequel il accusait le gouvernement de conspiration visant à marginaliser la communauté chiite majoritaire et de tentative de manipulation des prochaines élections parlementaires. Selon les informations reçues, jusqu’aujourd’hui, aucun des représentants du gouvernement cité dans le rapport n’a fait l’objet d’enquête et le gouvernement n’a pas fait de déclaration officielle sur ces allégations. Le BCHR est une organisation non gouvernementale pour la défense des droits civils, politiques, économiques et sociaux au Bahrein. En juin 2005, Front Line avait exprimé sa préoccupation quant aux menaces proférées à l’encontre de Nabeel Ahmed Rajab. Front Line craint que les actes de harcèlement et d’intimidation dont fait l’objet Nabeel Ahmed Rajab visent à décourager ses activités légitimes et pacifiques en faveur de la défense des droits humains au Bahrein, notamment du droit à la liberté d’expression et d’opinion, à la liberté de rassemblement et d’association.
Front Line exhorte les autorités du Bahrein à ouvrir une enquête indépendante sur l’origine des menaces et des autres formes d’intimidation perpétrées à l’encontre de Nabeel Ahmed Rajab, en vue d’identifier les responsables et de les traduire en justice. Front Line encourage également les autorités à s’assurer que Nabeel Ahmed Rajab et les autres défenseurs des droits humains au Bahrein, notamment les membres du Centre Bahreïni des Droits de l’Homme, soient libres d’exercer leurs activités sans subir d’actes de harcèlement.