Delaram Ali, une éminente défenseure des droits des femmes, a été condamnée le 2 juillet 2007 à deux ans de prison, dont 10 mois ferme, et à 10 coups de fouet, pour sa participation à un rassemblement pacifique de femmes défenseurs des droits humains à Téhéran en juin 2006.
Delaram Ali a été condamnée par la Court Révolutionnaire de Téhéran, en vertu des articles 500 (propagande contre l’Etat), 610 (conspiration pour commettre ou faciliter une infraction contre la sécurité nationale interne ou externe) et 618 (trouble de l’ordre public) du Code Pénal Islamique. Le verdict prononcé se basait sur un rapport de la Branche de Téhéran du Ministère du Renseignement, qui affirmait que Delaram Ali était coupable des charges qui pesaient à son encontre et qui déclarait qu’elle était une « criminelle ».
La sentence a été prononcée car Delaram Ali avait participé à un rassemblement pacifique sur la place de Tir à Hafte en juin 2006. Le rassemblement du 12 juin 2006 des femmes défenseurs des droits humains avait été interrompu par des femmes officiers de police qui auraient utilisé du gaz lacrymogène et auraient frappé des manifestantes. Environ 70 personnes participant au rassemblement avaient été arrêtées.
Avant la condamnation de Delaram Ali, d’autres militantes des droits des femmes avaient été condamnées à des peines de prison suite à ce rassemblement: Fariba Davoodi Mohajer (trois ans avec sursis et un an ferme), Noushin Ahmadi Khorasan (deux ans avec sursis et six mois ferme), Parvin Ardalan (deux ans avec sursis et six mois ferme), Shahla Entesari (deux ans avec sursis et six mois ferme), Sussan Tahmasebi (un an et six mois avec sursis et six mois ferme), Azadeh Forghani (deux ans avec sursis) et Bahareh Hedayat (deux ans avec sursis).
Les condamnations de Maryam Zia, Nasim Soltan Beigi et Alieh Eghdam Doost, également accusées dans le cadre de ce rassemblement, sont toujours attendues.
Front Line condamne fermement la sentence prononcée à l'encontre de Delaram Ali par la justice iranienne car Front Line estime qu'elle est uniquement basée sur ses activités de défense des droits des femmes en Iran.
Front Line exhorte les autorités iraniennes à annuler la condamnation de Delaram Ali et à prendre les mesures nécessaire pour garantir le libre exercice des activités légitimes des défenseurs des droits humains en Iran.
Front Line est profondément préoccupée par la condamnation à dix coups de fouet et recommande l’annulation de ces sentences. Le Comité des Nations unies pour les droits de l’homme a déclaré que le supplice du fouet était cruel, inhumain et dégradant et qu’il s’agissait d'une forme inacceptable de châtiment.