Des défenseurs des droits humains arrêtés au Zimbabwe

Manifestation des membres de l’association Women of Zimbabwe Arise

Front Line est extrêmement inquiète d'apprendre que Jenni Williams et Magodonga Mahlangu ont été transférées à Harare, le vendredi 8 juin 2007 et que les deux femmes ont été menacées de torture par des policiers. Les motifs de leur arrestation ne leur ont pas été notifiés et leurs empreintes digitales n'ont pas été prises. On leur a refusé tout accès à leur avocat. Les cinq autres membres du WOZA qui avaient été arrêtées ont été libérées aujourd'hui, le 8 juin 2007.

Sept femmes défenseurs des droits humains dont Jenni Williams, Magodonga Mahlangu, Angeline Kururu et Rosemary Sizada de l’association Femmes du Zimbabwe Debout (WOZA, Women of Zimbabwe Arise) avaient été arrêtées le 6 juin 2007 et détenues au poste de police central de Bulawayo.

Le 6 juin, de 80 à 100 membres des deux organisations, Femmes du Zimbabwe Debout (WOZA, Women of Zimbabwe Arise) et Hommes du Zimbabwe Debout (MOZA, Men of Zimbabwe Arise) se sont rassemblés à Bulawayo pour participer à une marche silencieuse pacifique dans le cadre du lancement de leur nouvelle campagne « Dix Pas vers un Nouveau Zimbabwe ». Les deux groupes ont engagé leur marche à différents endroits de la ville en direction des bureaux de The Chronicle, un journal d’Etat.

Selon les rapports reçus, l’un des groupes aurait été stoppé par la police anti-émeute peu après le début de la manifestation. Ils auraient été frappés et contraints à se disperser. Peu après, le second groupe aurait été immobilisé et les manifestants auraient été frappés par la police anti-émeute. Un certain nombre de femmes ont été arrêtées et emmenées au poste de police central de Bulawayo. Un groupe de manifestants aurait été frappé à l’extérieur du poste de police par des policiers anti-émeute un peu plus tard.

Front Line est très préoccupée par la sécurité des défenseurs des droits humains arrêtés. Les membres de l’association WOZA seraient de plus en plus victimes de mauvais traitements en détention. Depuis 2003, il y a eu plus de dix cas distincts dans lesquels des membres de l’association WOZA ont été violentés en détention après avoir exercé leur droit à manifester pacifiquement. A maintes reprises, ils n’auraient pas été autorisés à contacter leur avocat, ni à recevoir une alimentation convenable et des soins médicaux adaptés. Des nourrissons seraient détenus avec leur mère pendant des périodes prolongées.

Front Line exhorte les autorités zimbabwéennes à libérer sans condition les membres de WOZA et MOZA et à garantir l’intégrité physique et psychologique de tous les défenseurs des droits humains en détention.