La persécution des défenseurs des droits humains continue dans les territoires palestiniens occupés

La persécution des défenseurs des droits humains continue dans les territoires palestiniens occupés

Le 3 octobre 2006, le Tribunal de première instance de Tel Aviv a reconnu la police coupable de parjure dans le cadre de son témoignage contre onze défenseurs des droits humains accusés d'actes de violence lors de manifestations contre le Mur de séparation en Cisjordanie.

Le tribunal a acquitté les militants et le juge a déclaré : «Un sentiment profond de malaise a surgi au vu de l'écart évident entre le témoignage des officiers de police et ce que montrent les enregistrements vidéo. Il m'est difficile d'écarter la possibilité qu'en l'absence de ces enregistrements, mon verdict aurait été différent à l'égard des prévenus».

Front Line s'inquiète de la détention sans jugement de trois défenseurs des droits humains palestiniens, Ziyad Hmeidan, Hassan Zaga et Ahmad Abou Hannye, qui continue à ce jour. Les trois défenseurs des droits humains sont détenus sur la base d'un témoignage secret des forces de sécurité, que ni les prévenuss ni leurs avocats n'ont le droit d'entendre ou de contester devant un tribunal.

Ziyad Hmeidan, enquêteur de terrain de l'organisation des droits humains Al-Haq en Cisjordanie, est maintenu en détention administrative depuis le 23 mai 2005. Depuis lors, sa détention a été prolongée à plusieurs reprises. Le 26 juillet 2006, un tribunal militaire a augmenté sa peine de détention administrative de quatre mois.

Hassan Zaga, chercheur de terrain auprès du Comité public contre la torture en Israël (PCATI), en est à sa troisième peine de détention administrative. Le 20 septembre 2006, un tribunal militaire a décidé de réduire sa durée de détention car les autorités n'avaient pas fourni de preuves suffisantes justifiant d'un prolongement de peine de quatre mois. Hassan Zaga est censé être libéré le 15 novembre prochain.

Ahmad Abou Hannye, membre du Centre d'information alternative (AIC), a été arrêté à un poste de contrôle le 18 mai 2005. La dernière peine de détention administrative à l'encontre d'Ahmad l'accusait d'avoir des liens avec des terroristes, ce qu'il a nié.

D'après Front Line, ces défenseurs sont visés pour leur travail légitime de défense des droits humains. Front Line demande aux autorités israéliennes de : (1)Libérer sans délai et sans conditions les défenseurs des droits humains emprisonnés dans le cadre d'une détention administrative; (2)Faire en sorte que les défenseurs des droits humains en détention administrative puissent régulièrement contacter leurs familles et leurs avocats, et recevoir des soins médicaux si nécessaire; (3)Faire en sorte que les défenseurs des droits humains en détention administrative soient traités dignement durant leur emprisonnement.