Persécution continue des défenseurs des droits humains en Tunisie
Le défenseur des droits humains et avocat Mohammed AbbouLe 24 mai 2007, Mohammed Abbou, l’un des défenseurs des droits humains tunisiens les plus éminents, a été emmené de force alors qu’il recevait la visite hebdomadaire de son épouse Samia Abbou. Cette interruption subite est due au fait que sa femme avait mentionné avoir rencontré une mission conjointe de Front Line et de Human Rights First en Tunisie, venue enquêter sur la situation des défenseurs des droits humains.
Aux abords de la prison d’El Kef, Natacha O’Brien de Front Line a déclaré: « Les attaques perpétrées à l’encontre de Mohammed et Samia Abbou sont représentatives de ce que nous avons observé au cours des cinq jours de cette mission en Tunisie, un pays où les défenseurs des droits humains et leurs familles sont victimes d'une répression croissante. »
Accompagnée de représentants de Front line et de Human Rights First, Samia Abbou s’était rendue à la prison El Kef pour sa visite hebdomadaire à son mari. Lors de certaines visites précédentes, Samia Abbou avait été attaquée physiquement, menacée et harcelée. Mohammed Abbou, défenseur et avocat, purge actuellement une peine de trois ans et demi d’emprisonnement pour avoir publié, en 2005, un article en ligne dans lequel il dénonçait la torture dans les prisons tunisiennes. Mohammed Abbou a été emmené de force hors de la salle de visite après seulement 60 secondes d’entrevue. Samia Abbou a également été sortie de force de cette même salle et a dû quitter la prison.
La liberté d’expression, la liberté d’association et la liberté de rassemblement restent sévèrement limitées en Tunisie. Les défenseurs des droits humains sont régulièrement victimes de harcèlements, d’intimidations, d’attaques physiques, d’arrestations arbitraires et de détention ainsi que de mauvais traitements pendant leur détention.
Human Rights First et Front Line ont mené une mission de cinq jours en Tunisie dans le but de rencontrer des défenseurs des droits humains, des représentants internationaux et les autorités tunisiennes. Les délégués ont rencontré la Ligue Tunisienne des Droits Humains (LTDH), le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT), d’autres défenseurs des droits humains et des juges indépendants, ainsi que des diplomates européens et américains, ainsi qu'un représentant du Ministère tunisien de la Justice.
Human Rights First est une organisation internationale de défense des droits humains dont les locaux se trouvent à New York et à Washington D.C. Elle travaille pour la protection des personnes en danger: les réfugiés qui fuient les persécutions, les victimes de violations de droits humains, les victimes de discrimination, ceux dont les droits sont bafoués au nom de la sécurité nationale, et les défenseurs des droits humains. Front Line, la Fondation internationale pour la protection des droits humains, se consacre au soutien et à la protection des défenseurs des droits humains, plus particulièrement ceux en danger. Les autorités tunisiennes ont également physiquement empêché les défenseurs des droits humains tunisiens de participer à une session de formation pour les défenseurs des droits humains, organisée par Front Line dans les locaux du CNLT, du 18 au 20 mai 2007.