Kenya
VUE D'ENSEMBLE
Les défenseur-ses des droits humains au Kenya sont victimes d'actes d'intimidation, de menaces de mort, d'agressions, d'arrestations et de détentions arbitraires, de surveillance, de fausses accusations, de torture et de mauvais traitements, mais aussi de meurtres, dans un climat général d'impunité. Les défenseur-ses des droits humains travaillent sur des questions telles que le suivi des élections, la liberté d'expression, les droits des peuples indigènes, la torture et les exécutions extra-judiciaires.
La police et l'armée continuent de jouir d'impunité pour les graves violations des droits humains qu'elles commettent fréquemment, y compris la torture et les meurtres. Les défenseur-ses des droits humains qui enquêtent sur les nombreuses affaires d'arrestations, de torture et de meurtres commis par les militaires lors de l'opération Mt Elgon en 2008, ont été victimes d'intimidation, de menaces et d'arrestations. Les défenseur-ses des droits humains qui ont dénoncé les irrégularités lors des élections en 2008, ainsi que la violence qui a suivi, ont été attaqué-es, menacé-es et stigmatisé-es publiquement comme des « traîtres ».
Les défenseur-ses des droits humains sont victimes de graves représailles lorsqu'ils coopèrent avec des organismes internationaux. En 2009, de nombreux-ses défenseur-ses des droits humains ont rencontré le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les Exécutions Extra-judiciaires, Sommaires ou Arbitraires et lui ont fourni des informations. Lorsqu'il a quitté le pays, une vague de violence a touché les défenseur-ses et deux d'entre eux ont été assassinés en plein jour. Un certain nombre de ceux et celles qui travaillent sur la question des exécutions extra-judiciares, l'opération Mt Elgon et les violences post-électorales, ont été contraint-es de se cacher ou de fuir le pays. Plus d'un an après, les actes d'intimidation et les arrestations arbitraires liés à la visite du Rapporteur Spécial des Nations Unies continuent.
La Constitution kenyanne garantie la liberté d'expression et la liberté d'information, mais une loi sur les médias, effective depuis novembre 2007, introduit un Conseil des Medias de 13 membres, qui a le pouvoir d'accorder ou de retirer l'accréditation des journalistes; ce conseil cherche à surveiller et réguler les médias de façon plus stricte. Les journalistes sont harcelé-es et agressé-es lorsqu'ils/elles parlent de la question des droits humains et de la gouvernance. Suite aux résultats controversés des élections de 2008, le gouvernement a interdit les programmes en direct dans les médias kenyans, afin de réduire au silence ceux/celles qui dénoncent les violations des droits humains et la violence qui ont lieu actuellement.
L'article 80 de la Constitution protège le droit à la liberté de réunion et d'association. Toutefois, en pratique, les défenseur-ses et groupes de défense des droits humains sont souvent arrêté-es ou harcelé-es par la police ou les forces de sécurité, pour avoir participé à des manifestations pacifiques et ils/elles sont accusé-es « d'avoir participé à des manifestations illégales » ou « de causer des troubles ». Plusieurs bureaux d'ONG de défense des droits humains auraient été perquisitionnés, des biens auraient été saisis et des employés arrêtés.
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