Jamaïque
En Jamaïque, les défenseurs des droits humains restent en proie à une hostilité tous azimuts. Les autorités les accusent « d’ingérence illégale » et le public les considère comme des « fauteurs de trouble » ou des « agitateurs ». La liberté d’expression et la liberté de la presse sont menacées : d’après nos sources, les journalistes sont surveillés et menacés de poursuites pour avoir fait état des fréquentes exécutions sommaires qui ont lieu dans le pays. Les défenseurs des droits humains qui font campagne sur la question des exécutions sommaires nous ont dit avoir régulièrement été menacés de mort par la police. Il n’y a pas de véritable mécanisme de signalement des violations commises par les autorités ; les auteurs de violations des droits humains agissent bien souvent en toute impunité. Même la Fédération de la police jamaïcaine taxe les défenseurs des droits humains « d’agents provocateurs », les accusant de « calomnier la police et l’État » et a appelé le gouvernement à considérer le plaidoyer pour les droits comme de la « sédition », c’est-à-dire un acte passible de poursuites pénales. D’après certains rapports, les conditions de détention sont parfois cruelles, inhumaines ou s’accompagnent de traitements dégradants ; les défenseurs des droits humains qui se sont élevés contre ces abus sont poursuivis au pénal.
La situation est particulièrement dangereuse pour les défenseurs des droits humains qui militent en faveur des droits des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transsexuels (LGBT). L’homophobie est omniprésente dans la société jamaïcaine ; on rapporte de plus en plus de comportements de violence homophobe. Les défenseurs des droits humains sont obligés de travailler dans la clandestinité vu le nombre croissant d’actes de violence collective et de harcèlement policier envers la communauté LBGT. Les lesbiennes, les gays et les séropositifs, de même que les défenseurs des droits humains qui militent pour les droits de ces derniers, sont victimes de stigmatisation, de harcèlement verbal et physique (allant des menaces de mort à des agressions sauvages ou au meurtre) et se voient refuser l’accès à certains services (soins de santé, voire même les transports). Le gouvernement fait montre d’hostilité et de peu d’envie à se saisir de la question de la violence envers la communauté des LGBT.