Colombie: assassinat d’un défenseur des droits humains et leader communautaire
Des villageois indiquant les noms des huit victimes d’un massacre, dont celui du leader communautaire Luis Eduardo GuerraLe 14 mai 2007, le défenseur des droits humains Francisco Puerta aurait été assassiné par des paramilitaires devant l’arrêt du terminus du transport principal à Apartadó, en Colombie.
Francisco Puerta était un leader communautaire pour la Communauté de la Paix (Comunidad de Paz) de San José Apartadó, dans la municipalité d’Apartadó, Antioquia, Colombie, et était le précédent coordinateur de la zone humanitaire du district de Miramar.
La Communauté de la Paix a été fondée par la population civile en 1997 en vue de persuader les forces armées et les guérillas de respecter leur droit, en tant que civils, de ne pas être entraînés dans le long conflit colombien. Par le passé, les membres de la Communauté de la Paix ont été visés de façon répétée. Le 9 mai 2007, deux femmes affiliées à la Communauté de la Paix ont été détenues par trois hommes armés, habillés en civil et munis de radios. Ils leur ont posé des questions concernant les leaders communautaires et la Communauté de la Paix, déclarant qu’ils « ne seraient pas capables de les sauver » et que la totalité de la région de San José n’était que « pure guérilla ». Après une demi heure d’interrogatoire, ils ont laissé les femmes partir, les avertissant qu’elles seraient tuées si elles mentionnaient quoi que ce soit à quiconque.
En février 2005, les deux leaders communautaires de la Communauté de la Paix Eduardo Guerra et Alfonso Bolivar Tuberquia Graciano et des membres de leurs familles ont été assassinés par des hommes armés, qui ont été identifiés comme appartenant aux Forces Armées Colombiennes. En 2006, des membres de la Communauté de la Paix ont reçu des menaces de mort émanant de groupes paramilitaires. Plus de 160 membres de la Communauté de la Paix ont été tués ou portés disparus depuis sa création en 1997, et les responsables seraient les forces de sécurité, les Autodefensas Unidas de Colombia (AUC) et las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC).
Front Line est inquiète quant au fait que Francisco Puerta et d’autres membres de la Communauté de la Paix aient pu être tués en raison de leurs activités légitimes et pacifiques de défense des droits humains. Front Line demande expressément aux autorités colombiennes de lancer une enquête immédiate, complète et impartiale sur l’assassinat de Francisco Puerta.