Guatemala

Au Guatemala, les défenseurs des droits humains font l’objet de menaces de mort, d’agressions physiques, d’actes de harcèlement, de surveillance, de stigmatisation, de harcèlement judiciaire, de détentions arbitraires, de disparitions forcées et d’assassinats. La plupart de ces violations sont l’œuvre d’organisations de sécurité clandestines et de groupes illégaux. Dans ce pays en situation d’après-conflit, le nombre d’agressions commises envers les défenseurs des droits humains a nettement augmenté depuis l’an 2000, avec une hausse significative des assassinats de défenseurs des droits humains et ce, malgré la signature des accords de paix en 1996. Si le nombre d’agressions envers les défenseurs des droits civils et politiques reste élevé et préoccupant, on note une hausse vertigineuse des agressions envers les défenseurs des droits sociaux, économiques et culturels. Dans son rapport sur la situation des défenseurs des droits humains, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies suggère de classer les défenseurs guatémaltèques en fonction des droits qu’ils défendent : droit des paysans, liberté religieuse, droits des LGBTI, des peuples indigènes, des Mayas, syndicalistes et défenseurs en quête de vérité. La plupart d’entre eux enquêtent sur les atteintes aux droits humains perpétrées dans le cadre du conflit armé et d’autres s’attellent à promouvoir les droits économiques, sociaux et culturels et les droits des peuples indigènes. La sécurité des défenseurs des droits humains est menacée par des raids de plus en plus fréquents à leur domicile ou sur leur lieu de travail. Depuis 2004, les défenseurs des droits humains sont également confrontés à une nouvelle forme de harcèlement, la « criminalisation de la défense des droits humains » qui prend pour cible et menace de sanctions pénales à la fois ceux qui exercent une activité de défense des droits humains et ceux qui exercent leur droit à la liberté de réunion. Il existe un autre groupe de défenseurs, constitué de fonctionnaires de justice qui militent pour les droits humains ; il s’agit de juges, de procureurs, d’avocats commis d’office et de commissaires de police. Certains parmi la communauté des défenseurs des droits humains n’aiment pas être désignés comme tels car ce terme a des connotations négatives qui peuvent les amener à être considérés comme des ennemis intérieurs, notamment comme communistes ou sympathisants de la guérilla. Les atteintes aux droits humains continuent de bénéficier d’un climat d’impunité dans le pays malgré la mise en place d’une Cellule de coordination de la protection des défenseurs des droits humains, des administrateurs judiciaires, des fonctionnaires de justice, des journalistes et des communicateurs sociaux. En novembre 2006, Front Line et le mouvement national guatémaltèque pour les droits humains ont publié un nouveau rapport intitulé « Front Line Guatemala; Attacks Against Human Rights Defenders 2000 – 2005 ». Mme Hina Jilani, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies, s’est rendue en mission officielle au Guatemala du 26 mai au 1er juin 2002. Elle comptait y retourner pour une mission de suivi au mois d’octobre 2006 mais elle a dû reporter sa visite à la demande du gouvernement.