Érythrée

L’Érythrée connaît un régime de parti unique ; en d’autres termes, seul le parti du Président, le Front populaire pour la démocratie et la justice (PFDJ) a droit de cité. Bien que l’Érythrée soit signataire de principaux instruments internationaux de défense des droits de l’homme, des violations de ces droits sont fréquemment signalées. L’OMCT (Organisation mondiale contre la torture) a constaté une hausse des poursuites judiciaires, des arrestations et des détentions arbitraires, des mauvais traitements et des actes de torture à l’encontre des défenseurs des droits humains. Plusieurs rapports font état de détentions illimitées et de mises au secret de défenseurs des droits humains sans inculpation ni procès, de mauvais traitements ou de torture, de même que de restrictions sur le droit à la liberté d’association, à la liberté d’expression et à la liberté de l’information. Plusieurs journalistes ont également été arrêtés et incarcérés au cours de ces cinq dernières années au motif d’atteinte à la sécurité nationale. On signale en outre que les rassemblements de plus de sept personnes sont interdits, sauf autorisation des pouvoirs publics. En 2001, le gouvernement a fermé tous les organes de presse privés et conserve depuis lors le monopole de l’accès à l’information. En 2004, le gouvernement a placé tous les cybercafés sous son contrôle. Toutes sortes d’entraves empêchent le bon fonctionnement des organisations et des institutions politiques, civiles et sociales non gouvernementales. Une nouvelle loi restreint fortement la marge de manœuvre des ONG en ne les autorisant à mener leurs projets d’aide et de réhabilitation qu’au travers de structures publiques. Les autorités érythréennes n’ont enregistré aucune nouvelle ONG locale. Les activités des organisations internationales ont également été fortement restreintes et en vertu du décret n° 145/2005, promulgué « pour définir l’encadrement administratif des organisations non gouvernementales », les ONG internationales n’ont le droit de mener que des actions d’aide et de réhabilitation et ne sont pas autorisées à travailler avec les communautés locales indépendamment des pouvoirs publics. Le décret impose en outre à toutes les ONG (qu’elles soient nationales ou internationales) d’établir des rapports trimestriels et des états financiers vérifiés, d’acquitter des taxes sur tous les biens importés y compris l’aide alimentaire et de déposer un montant important dans une banque érythréenne. D’après certaines sources, les organisations internationales se voient régulièrement interdire l’accès au territoire érythréen et des restrictions sont imposées sur les déplacements et les activités des ONG et des agences humanitaires internationales. Les organisations internationales de droits humains ne sont apparemment pas autorisées à se rendre dans les prisons.