Érythrée

VUE D'ENSEMBLE

L’Érythrée connaît un régime de parti unique ; en d’autres termes, seul le parti du Président, le Front populaire pour la démocratie et la justice (PFDJ) a droit de citer. Bien que l’Érythrée soit signataire des principaux instruments internationaux de défense des droits humains, les droits humains sont sévèrement restreints. Les DDH sont victimes de détention au secret illimitée, sans charge ni procès. Les mauvais traitements et les actes de tortures sont fréquents. Le droit à la liberté d'association, de réunion, d'expression et d'information est pratiquement absent.

L'indice international de la liberté de la presse classe l'Erythrée au dernier rang mondial (178è) pour la quatrième année consécutive. Cet environnement extrêmement restrictif a forcé de nombreux journalistes à fuir ou à tenter de fuir, en risquant leur vie et craignant d'être arrêtés. En 2001, le gouvernement a fermé tous les organes de presse privés et conserve depuis lors le monopole de l’accès à l’information. Plus de 30 journalistes sont actuellement détenus et beaucoup sont placés à l'isolement sans avoir été inculpés. Les nouvelles concernant leur état de santé sont rares. Une affaire emblématique est celle du journaliste Erythréen, Dawit Isaak, lauréat de la Plume d'Or de la Liberté en 2011. Il est l'un des fondateurs du premier journal indépendant du pays, Setit. Il a été arrêté en 2001 après que son journal a publié des appels pour des réformes démocratiques. Il est toujours détenu et serait en mauvaise santé mentale et physique.

De nombreux militants politiques perçus comme des voix critiques par le gouvernement, y compris d'anciens hauts responsables de l'Etat, sont aussi détenus depuis la vague de répression de 2001. Comme les journalistes, ces militants sont détenus au secret durant de longues périodes et aucune information officielle n'est disponible concernant l'endroit où ils se trouvent et leur état de santé. Selon certaines sources, plus de la moitié d'entre eux seraient mort en détention.

Les restrictions sévères de la liberté d'expression et d'association ont été efficaces pour éliminer la société civile indépendante. Tous les syndicats sont dirigés par le gouvernement, les rassemblements publics sont interdits et il n'y a plus d'ONG dans le pays. Les activités des organisations internationales sont aussi sévèrement limitées. Le décret n° 145/2005, promulgué « pour définir l’encadrement administratif des organisations non gouvernementales », stipule que les ONG internationales n’ont le droit de mener que des actions d’aide et de réhabilitation et ne sont pas autorisées à travailler avec les communautés locales indépendamment des pouvoirs publics. Le décret impose en outre à toutes les ONG (qu’elles soient nationales ou internationales) d’établir des rapports trimestriels et des états financiers vérifiés, d’acquitter des taxes sur tous les biens importés y compris l’aide alimentaire et de déposer un montant important dans une banque érythréenne. Les organisations internationales basées à l'étranger se voient régulièrement interdire l’accès au territoire érythréen et elles ne sont pas autorisées à se rendre dans les prisons.