Birmanie (Myanmar)
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Les restrictions imposées par la dictature militaire au pouvoir, le Conseil d’État pour la paix et le développement (SPDC), rendent toute activité liée aux droits humains pratiquement impossible en Birmanie. Les libertés de réunion, d’association et d’expression sont étroitement encadrées. Les pro-démocrates qui plaident pour les droits civils et politiques, les défenseurs qui critiquent l’action gouvernementale (en dénonçant notamment le travail forcé et la confiscation des terres par les autorités locales), ainsi que les personnes qui défendent les droits des prisonniers politiques et des minorités ethniques sont particulièrement pris pour cible. Malgré le régime de fer imposé par le SPDC, certains groupes de défense des droits humains continueraient de fonctionner d’après l’ONU. Dans son rapport, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies, qui n’a pas été autorisée à se rendre dans le pays depuis novembre 2003, parle néanmoins d’une tendance à « criminaliser » les défenseurs des droits humains qui cherchent à « exercer leurs libertés fondamentales ». Une formulation vague et une interprétation très large des infractions à la sécurité de l’État se soldent par de lourdes sanctions, appliquées aux défenseurs qui osent critiquer l’action gouvernementale. La liberté d’association n’existe pratiquement pas dans le domaine des droits humains ; on rapporte que le SPDC a interdit la présence d’ONG de droits humains nationales ou internationales sur son territoire. Quant à la liberté de réunion, la loi interdit tout rassemblement de plus de 5 personnes. Les médias n’ont pratiquement aucune liberté d’expression. La presse écrite et les organes de diffusion sont étroitement surveillés, tandis que l’usage et le contenu des sites Internet font l’objet de restrictions et d’une surveillance. Des particuliers ont été arrêtés pour avoir distribué la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations unies ou pour avoir avisé l’Organisation internationale du travail de cas de travail forcé. Plusieurs sources indiquent que les défenseurs ont été victimes de harcèlement, de voies de fait, d’arrestations arbitraires, de détention sans contact avec l’extérieur, de longues périodes de détention sans procès, de détention et de condamnation sans pouvoir rencontrer un avocat, de longues périodes de détention en cellule d’isolement, de mauvais traitements et de torture durant la période de détention, avec en prime le refus des soins médicaux, et d’assignations à résidence de longue durée. Les familles des défenseurs sont également prises pour cible. De nombreux défenseurs ont été contraints de s’exiler.
