Soudan
La violence constamment entretenue par les forces gouvernementales, la milice Janjaweed et les groupes d’opposition armée constitue la toile de fond de perpétuels harcèlements, d’arrestations arbitraires, de détentions sans contact avec l’extérieur et d’actes de torture envers des défenseurs des droits humains par les forces militaires et de sécurité soudanaises. La liberté d’expression, d’association et de réunion sont de plus en plus cadenassées. Les collaborateurs des ONG, les journalistes et les étudiants militants sont particulièrement pris pour cible. Le Soudan a fortement restreint le champ d’action des associations des droits humains en promulguant l’Organisation of Humanitarian Voluntary Work Act du 20 février 2006. Cette loi impose des conditions d’enregistrement très strictes aux organisations non gouvernementales (ONG) et autorise dans les faits les pouvoirs publics à refuser ou à annuler arbitrairement l’enregistrement d’une ONG. Aux termes de la loi, les autorités sont habilitées à vérifier tous les documents d’une ONG, à en suspendre les activités, à dissoudre son comité exécutif, à licencier ses collaborateurs, à expulser les expatriés qui travaillent pour une ONG internationale et à saisir les biens de cette ONG si elle est radiée des registres. Les défenseurs des droits humains qui parlent des violations des droits humains commises au Darfour ou qui critiquent les autorités parce qu’elles couvrent l’emploi de la torture ont été arrêtés. De nombreux défenseurs des droits humains qui montaient des dossiers sur des crimes de violence sexuelle se sont retrouvés eux-mêmes sur le banc des accusés. La presse est fortement censurée, les journalistes harcelés, des restrictions bureaucratiques imposées aux médias soudanais et l’activité des journaux qui publiaient des articles critiquant les autorités suspendue. La liberté de réunion est très limitée et les participants aux séminaires, ateliers et conférences consacrés aux droits humains ont été soumis à du harcèlement, des interrogatoires et des détentions arbitraires.