Ethiopie
En Éthiopie, les défenseurs des droits humains mènent leur action en dépit des menaces, des actes d’intimidation, des restrictions à la liberté d’expression, d’association et de réunion, du harcèlement judiciaire, des arrestations arbitraires, des passages à tabac, des mauvais traitements, des tortures et des assassinats.
La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies écrit dans son rapport sur la situation des défenseurs des droits humains qu’un grand nombre de personnes et d’organisations s’emploient à promouvoir et à protéger les défenseurs des droits humains en Éthiopie. Elle ajoute que chacun d’eux agit suivant ses propres méthodes (sensibilisation, éducation, plaidoyer, suivi, rapports, aide juridique) et s’intéresse à des problèmes généraux ou particuliers, tels que les droits de la femme, l’État de droit et les droits liés à la démocratie. Les ONG des droits humains ont beaucoup de mal à se faire enregistrer depuis septembre 2006, date à laquelle le Ministère de la justice a introduit une circulaire dont les termes peuvent être amendés sans caution gouvernementale ou constitutionnelle. Aux termes de cette circulaire, les ONG qui veulent se faire enregistrer doivent soumettre leur demande à un Comité formé de huit représentants du gouvernement et signer un accord avec les organismes publics compétents. D’après d’autres rapports, l’action des ONG de droits humains indépendantes est également hypothéquée par la création d’ONG pro-gouvernementales. Les défenseurs des droits humains et les associations pour lesquelles ils travaillent sont stigmatisés et brimés dans leur action par la loi antiterroriste.
Suite aux élections parlementaires de mai 2005, plusieurs défenseurs des droits humains, militants de la société civile, journalistes et hommes politiques de l’opposition ont été persécutés et incarcérés en masse, après les manifestations de juin et de novembre 2005, au cours desquelles la police aurait tué plus de 40 manifestants.