Amériques
Actions urgentes
Partout dans les Amériques, des défenseurs des droits humains s’exposent quotidiennement au risque. La vie des militants des droits environnementaux, de la réforme agraire, des droits des femmes ou des droits des LGBTI est mise en danger par le seul fait d’être perçus comme une menace par les pouvoirs politiques et économiques établis. Des défenseurs des droits humains ont été assassinés, ont « disparu », ont été torturés ou attaqués dans plusieurs pays de la région. En savoir plus
Communiqués de presse:
Rapports de Front Line:
- Associacion pro Derechos Humanos (APRODEH) (Pérou)
- Centro de Accion Legal en Derechos Humanos (CALDH) (Guatémala)
- Centro de Derechos Humanos (Mexique)
- Corporación de Promoción y Defensa de los Derechos del Pueblo (CODEPU) (Chili)
- Conselho Indigenista Missionario (CIMI) (Brésil)
- Fundacion de Avuda Social de las Iglesias Cristianas (FASIC) (Chili)
- Fundacion Regional de Asesoria en Derechos Humanos (INREDH) (Equateur)
- Gabinete de Assessoria Jurídica ás Organizações Populares (GAJOP) (Brésil)
- Grupo Tortura Nunca Mais RJ (Brésil)
- Instituto Latinoamericano de Servicios Legales Alternativos (ILSA) (Colombie)
- Justica Global (Brésil)
- Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos (LIMEDDH)
- Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST) (Brésil)
- Movimento Nacional de Direitos Humanos (MNDH) (Brésil)
- Coalition Nationale pour les Droits des Haitiens
- Centro de Estudios Legales y Sociales (CELS) (Argentine)
- American-Arab Anti Discrimination Committee (USA)
- Coalition of Immokalee Workers (USA)
- Jackson Advocate (USA)
- Kensington Welfare Rights Union (USA)
- Lynne Stewart (USA)
En Colombie, 30 syndicalistes ont été assassinés au cours du premier trimestre 2006. Des défenseurs des droits humains qui militent pour que toute la lumière soit faite à propos des abus commis par le passé envers les droits humains continuent d’être victimes de harcèlement et de recevoir des menaces de mort.
On a enregistré l’assassinat de défenseurs des droits humains au Brésil, en Colombie, au Guatémala, au Honduras, au Mexique, au Pérou et au Venezuela; des enlèvements en Colombie et au Guatémala; des actes de torture en Colombie et au Mexique, et des attaques et des menaces de mort en Colombie, au Costa Rica, à Cuba, au Salvador, en Haïti et au Honduras.
Personne ou presque n’ose remettre en cause ce climat d’impunité. Même lorsque des lois ont été promulguées, apparemment pour protéger les défenseurs des droits humains, celles-ci ont souvent un contenu superficiel ou sont peu appliquées. Les militantes des droits de la femme qui luttent pour l’égalité et une répartition équitable des ressources font l’objet d’attaques ou d’intimidations. Les défenseurs des droits humains sont particulièrement en danger dans une guerre civile colombienne qui ne dit pas son nom. Les défenseurs de l’environnement et les membres des communautés indigènes font souvent l’objet de violentes attaques. En théorie, les défenseurs des droits humains sont protégés par la loi, mais la réalité est tout autre. Bien que la Cour suprême argentine ait reconnu l’association des transgenres et des transsexuels, les défenseurs des minorités sexuelles sont en danger partout dans la région, surtout au Honduras, au Salvador et en Jamaïque.
Depuis les élections en Haïti, les assassinats et les rapts se multiplient. Les défenseurs des droits humains qui s’étaient élevés contre cette violence sont eux-mêmes devenus des cibles. Deux défenseurs connus des droits humains ont été assassinés. Les défenseurs qui se sont opposés à la proposition du gouvernement d’instaurer la peine de mort dans le cadre de la nouvelle législation anti-enlèvements ont reçu des menaces de mort.
En Jamaïque et dans d’autres pays des Caraïbes, des défenseur(e)s des droits humains gays et lesbiennes ont dû entrer dans la clandestinité suite à la montée des attaques et des actes d’intimidation.
On a vu récemment se dessiner une tendance à se servir du système judiciaire pour harceler les défenseurs des droits humains, soit par des procès fondés sur de faux témoignages aux motivations politiques, soit par l’introduction de nouvelles lois destinées à restreindre la liberté d’expression et d’association (le Pérou et le Vénézuela étant les deux derniers exemples en date). Au Brésil, plusieurs défenseurs des droits humains ont été poursuivis sur la base d’accusations mensongères parce qu’ils avaient fait campagne pour qu’une enquête soit ouverte afin de vérifier les allégations d’abus d’enfants dans le système public de prise en charge.
À Cuba, le gouvernement a pris des mesures draconiennes pour restreindre le droit à la liberté d’expression et d’association. Plusieurs défenseurs des droits humains y sont détenus arbitrairement et d’autres ont été attaqués par des groupes quasi-officiels travaillant avec des membres des forces de sécurité.
Aux États-Unis, certains défenseurs des droits humains ont été de plus en plus victimes d’actes de répression au cours des deux dernières années, suite à leur action en faveur des droits humains. Bien que la plupart des personnes qui militent pour les droits humains aux USA puissent exercer leur activité en toute liberté et en toute sécurité, ceux qui s’exposent le plus sont ceux qui militent pour les groupes les plus vulnérables et ceux qui remettent en cause l’"establishment socio-économique". Certains défenseurs des droits humains ont été victimes de harcèlement, d’intimidation, de poursuites juridiques fallacieuses et de pertes de revenus, de même que de menaces de mort, d’arrestations et de détentions.
En Argentine, les défenseurs des droits humains qui ont fait campagne pour l’ouverture d’une enquête à propos des disparitions et des tortures du passé ont reçu des menaces de mort. En Colombie, le gouvernement qualifie les défenseurs des droits humains de sympathisants de la « guérilla », donnant ainsi le feu vert à ceux qui y voient des cibles légitimes.
Depuis les élections de 2006 en Haïti, le nombre d’assassinats et de rapts a grimpé en flèche. Les défenseurs des droits humains qui s’élèvent contre cette hausse de la criminalité sont eux-mêmes devenus des cibles.
Il est particulièrement inquiétant de noter la décision récemment prise par le Honduras d’autoriser des agents de sécurité privés à prendre part aux enquêtes de police. La plupart de ces agents ayant eux-mêmes contrevenu aux droits humains par le passé, ils voient d’un très mauvais œil les défenseurs des droits humains qui demandent que ces exactions fassent l’objet d’une enquête.
Au Chili, des dirigeants de la communauté Mapuche ont été spécifiquement exclus des amendements à la loi anti-terrorisme qui leur auraient permis de sortir de prison. Au Mexique, le retrait du code pénal de la loi 214 qui permettait d’engager des poursuites sur la base de diffamations est une avancée positive; les défenseurs des droits humains continuent toutefois de faire l’objet de menaces et les dirigeants politiques assimilent l’action de défense des droits humains à un soutien à la « guérilla ».
