Burundi
Plusieurs cas de détention arbitraire, de torture, de mauvais traitements et de stigmatisation des défenseurs des droits humains sont signalés au Burundi. On y note également une augmentation des restrictions à l’égard de la liberté d’expression et de la liberté d’association des défenseurs des droits humains. Les journalistes et les syndicalistes sont particulièrement pris pour cible.
Les principaux obstacles rencontrés par les défenseurs des droits humains au Burundi sont la loi relative aux associations, entrée en vigueur le 18 avril 1992, ainsi que la loi régissant les relations entre l’État et les organisations non gouvernementales (ONG), entrée en vigueur le 22 août 1990 et modifiée le 12 février 1992, qui oblige toutes les associations burundaises à soumettre périodiquement un rapport d’activité et à déclarer tout nouveau membre. Quant aux ONG internationales, elles sont tenues de donner leur consentement préalable à des inspections par les pouvoirs publics. On voit également se dessiner un mouvement de restriction des conditions en vertu desquelles une nouvelle association peut être créée, de sorte à limiter le nombre d’ONG dans le pays. Les défenseurs des droits humains ayant signalé ou commenté des cas d’atteinte aux droits humains, de corruption et d’impunité ont fait l’objet de harcèlement judiciaire, et notamment de procès en diffamation ; le gouvernement essaie de les stigmatiser en affirmant qu’ils sont en cheville avec des politiciens de l’opposition ou avec des criminels. De nombreux défenseurs ont été arrêtés de manière arbitraire, maltraités et torturés. Diverses sources affirment que la police, les forces de sécurité, et plus particulièrement le Service National de Renseignement (SNR), sont responsables de nombreuses exactions à l’encontre des défenseurs des droits humains.