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Russie: descente de police dans les bureaux de la Nizhny Novgorod Foundation to Support Tolerance

Front Line est profondément préoccupée suite à l’annonce d’une descente de police dans les bureaux de la Nizhny Novgorod Foundation to Support Tolerance (Fondation de Nizhny Novgorod pour la tolérance) le 20 mars 2008. Les ordinateurs et les logiciels ont été saisis, ainsi que le téléphone portable de Stanislav Dmitrievsky, un consultant pour la Fondation. Stanislav Dmitrievsky était le président de la Russian-Chechen Friendship Society (Association pour l’amitié russo-tchétchène, RCFS), organisation créée avant la Fondation mais qui a été fermée par les autorités russes.  Read More

En Fédération de Russie, les défenseurs des droits humains font l’objet d’actes de harcèlement, de surveillance, de violations de leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion, d’agressions violentes, de harcèlement judiciaire, de détentions arbitraires, de mauvais traitements, de torture, de disparitions forcées et d’assassinats.

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies écrit dans son rapport sur la situation des défenseurs des droits humains que de nombreuses ONG présentes en Fédération de Russie mènent des activités qui ne se concentrent pas uniquement sur les droits humains. Parmi celles qui ont cette vocation plus spécifique, la plupart s’occupent de dossiers tels que la guerre en Tchétchénie, la loi de conscription, le service civil alternatif, la question des réfugiés, la question des minorités, les conditions d’incarcération, la réforme de la justice, le nationalisme et la xénophobie, la torture. En janvier 2006, une nouvelle loi a été promulguée, qui restreint fortement les activités des ONG présentes en Russie et autorise le Ministère de la justice à contrôler les activités et le financement des ONG et accorde aux pouvoirs publics un droit de regard plus important sur les projets liés aux droits humains. En octobre 2006, une loi relative à l’enregistrement ou au réenregistrement des ONG internationales présentes en Russie est entrée en vigueur ; elle oblige les associations à franchir un parcours du combattant qui, aux yeux de beaucoup, a été voulu par le Kremlin pour limiter l’influence de ces associations et dissuader les autres de vouloir ouvrir une succursale en Russie (Amnesty International et Human Rights Watch ont tous deux été contraints de fermer temporairement leurs bureaux en Russie, pour cause de documents d’enregistrement apparemment incomplets). Les ONG russes qui critiquent la politique du gouvernement et soulignent les atteintes aux droits humains font l’objet de harcèlement judiciaire, de stigmatisation et risquent même la fermeture pure et simple. Les particuliers qui critiquent les violations des droits humains prétendument commises par les pouvoirs publics, et en particulier celles qui ont été révélées eu égard à la politique de la Russie vis-à-vis du conflit en Tchétchénie, ont été victimes de harcèlement judiciaire, d’actes d’intimidation, d’agressions violentes, de disparitions forcées et d’assassinats. Les journalistes indépendants sont particulièrement vulnérables : plusieurs d’entre eux ont été assassinés au cours de ces dernières années, dont Anna Politkovskaya en octobre 2006. La liberté de réunion est restreinte et des manifestations pacifiques ont été interdites ou violemment dispersées. La Gay Pride de mai 2006 n’a pu avoir lieu et les défenseurs LGBTI sont victimes de discrimination et d’abus. En Russie, les auteurs de graves violations des droits humains bénéficient d’un climat d’impunité tandis que les défenseurs des droits humains ou leurs proches, qui s’évertuent à faire traduire les auteurs de ces actes en justice, sont au contraire persécutés.