Moyen-Orient et Afrique du Nord
Actions urgentes
Au Moyen-Orient, les gouvernements de la région ont initié de nouvelles politiques pour limiter la liberté d’expression et d’association. On trouve des défenseurs des droits humains dans presque tous les pays de la région malgré un climat d’hostilité général, les conflits en cours dans plusieurs pays et les politiques répressives de nombreux gouvernements. En savoir plus
Nouvelles:
Communiqués de presse:
Rapports de Front Line:
- Arabic Network for Human Rights Information
- B’tselem (Israël-Autorité palestinienne-Territoires occupés)
- Bahrain Center for Human Rights
- Checkpoint Watch (Israël-Autorité palestinienne-Territoires occupés)
- Egyptian Centre for Women’s Rights
- Egyptian Organization for Human Rights
- Israeli Committee Against House Demolition (ICAHD)
- Organization of Human Rights in Iraq
- Palestinian Centre for Human Rights
- Palestinian Initiative for the Promotion of Global Dialogue & Democracy
- Physicians for Human Rights (Israël-Autorité palestinienne-Territoires occupés)
- Rabbis for Human Rights (Israël-Autorité palestinienne-Territoires occupés)
Parmi les obstacles rencontrés par les défenseurs des droits humains figurent les assassinats, les arrestations arbitraires et le harcèlement judiciaire de même que des intimidations et des menaces quotidiennes. Les formes de répression varient d’un pays à l’autre. En Irak, des défenseurs des droits humains ont été assassinés; des détentions arbitraires et des procès de nature politique ont eu lieu en Algérie, au Bahreïn, au Liban, en Libye, en Syrie, en Tunisie, au Sahara occidental, au Yémen, en Arabie saoudite, à Oman et en Égypte. Les autorités israéliennes ont également menacé, brimé et détenu arbitrairement des défenseurs des droits humains dans les territoires palestiniens occupés.
Malgré quelques légers signes de progrès, la liberté d’expression et d‘association est quasi inexistante dans la plupart des pays de cette région. Il y a eu quelques petites améliorations en Arabie saoudite, mais dans l’ensemble, les défenseurs des droits humains vivent dans un climat d’oppression, comme c’est le cas à Oman et en Lybie. Dans les Émirats arabes unis, on enregistre quelques reculs. Le Bahreïn a introduit une nouvelle loi répressive, dont la formulation imprécise (« protéger la sécurité de l’État face aux actes terroristes ») ouvre la porte à son exploitation à l’encontre des défenseurs des droits humains. Les Emirats Arabes Unis (E.A.U.) ont autorisé l’enregistrement d’une association des droits humains des E.A.U., mais ont rejeté les demandes d’enregistrement d’autres groupements; les défenseurs des droits humains y sont parfois victimes de détention arbitraire, de poursuites judiciaires et d’autres actes d’intimidation.
En Irak, l’escalade du conflit et l’insécurité qui en résulte rendent la situation très dangereuse pour les défenseurs des droits humains qui sont souvent accusés d’agir pour le compte de puissances étrangères ou de contribuer à l’instabilité du pays. Les meurtres et les rapts font partie des risques quotidiens.
L’enregistrement des ONG, surtout des mouvements féministes, est sévèrement restreint en Iran; les défenseurs des droits humains qui critiquent le gouvernement risquent à tout moment de se faire arrêter. De vagues accusations telles que « agissements contre la sécurité nationale » sont utilisées à l’encontre des défenseurs des droits humains, qui risquent la torture et de mauvais traitements en prison. La police a violemment dispersé une manifestation organisée par des mouvements féministes et estudiantins pour protester contre une législation discriminatoire envers les femmes; plusieurs personnes ont été arrêtées et détenues durant plusieurs jours à la prison d’Evin avant d’être relaxées. Plusieurs procès sont en attente.
Un cadre répressif d’état d’urgence persiste dans plusieurs pays comme l’Algérie, l’Égypte et la Syrie. En Algérie, malgré la grâce accordée aux journalistes condamnés pour insulte au Président ou aux institutions publiques, il y a peu d’avancées réelles. Cette grâce ne concernait que des défenseurs des droits humains déjà condamnés et n’interdit pas le lancement de nouvelles poursuites en vertu de cette même législation. Les défenseurs des droits humains qui font campagne pour que l’on mette un terme à l’impunité ou pour que des enquêtes soient diligentées au sujet des violations de droits humains commises par le passé (des « disparitions » notamment) restent l’objet de brimades.
Les autorités marocaines continuent de réprimer sévèrement les défenseurs des droits humains du Sahara occidental; nombre d’entre eux ont été emprisonnés. En Tunisie, les défenseurs des droits humains n’ont droit qu’à un champ d’activité très restreint. Ils sont constamment sous surveillance et beaucoup d’entre eux ont été arrêtés et emprisonnés. Des organisations de droits humains n’ont pas pu tenir de réunions et certains défenseurs ont été victimes d’attaques de la part de policiers sans qu’aucune sanction n’ait été prononcée à l’encontre de ces derniers. La Libye ne laisse pas le moindre espace de liberté aux défenseurs des droits humains; la création d’ONG y est toujours interdite. Les défenseurs des droits humains qui osent s’affilier à des organisations internationales encourent une peine de prison, voire de mort.
En Égypte, le gouvernement a redoublé d’efforts pour contrôler la société civile et a pris des mesures pour réduire le champ d’activité des ONG nationales et internationales.
Suite à la « guerre contre le terrorisme », la Jordanie a introduit une nouvelle législation répressive dont la formulation est si vague qu’elle pourrait malheureusement se retourner contre les défenseurs des droits humains. Au Liban, les défenseurs des droits humains qui ont demandé l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits humains perpétrées par des membres des forces armées ont été harcelés, tandis que des groupes militant pour le dialogue entre Palestiniens et Libanais ont reçu des menaces de mort de groupes d’opposition armés. En Syrie, l’état d’urgence décrété en 2006 persiste et se caractérise par une vague d’arrestations de journalistes et d’intellectuels défenseurs des droits humains. En Israël et dans les territoires palestiniens occupés, les défenseurs des droits humains doivent faire face à de graves entraves à leur liberté de mouvement. Si l’on y ajoute les difficultés concernant l’enregistrement et les permis de travail, on comprend qu’il soit bien difficile pour eux de mener une action. Plusieurs défenseurs des droits humains vivant dans les territoires occupés font l’objet d’ordonnances d’incarcération administrative qui peuvent être renouvelées indéfiniment. Cette pratique est largement reconnue comme arbitraire et contraire à la législation internationale des droits de l’homme.
