Syrie

En Syrie, les défenseurs des droits humains continuent d’être victimes de harcèlement, d’arrestations arbitraires et de détention, de procès inéquitables, d’incarcération prolongée, de torture et de « disparition » des œuvres des forces de sécurité syriennes. L’état d’urgence, imposé en 1963, est toujours d’actualité et permet de déroger largement à la loi sans devoir rendre de comptes. La Syrie a de déjà maintes fois traduit en justice des défenseurs des droits humains qui avaient exprimé leurs opinions et dénoncé les atteintes aux droits humains. Les libertés d’opinion et d’expression sont en principe garanties par la loi syrienne. En pratique, ces libertés sont fortement limitées ; on signale de nombreuses arrestations et détentions de défenseurs militant pour les droits humains et appelant à une réforme démocratique du pays. Le contrôle et la censure des contenus Internet est monnaie courante ; le gouvernement est fréquemment accusé de bloquer l’accès aux sites Internet utilisés par les défenseurs des droits humains. Aucun rapport ne signale la mise en détention de défenseurs des droits humains pour leurs activités en ligne. La suppression de la liberté de parole se décline sous diverses formes, sur la base d’infractions pénales telles que la « diffusion d’informations mensongères » chaque fois que des défenseurs dénoncent des atteintes aux droits humains. La liberté de réunion a virtuellement disparu, car pour organiser une rencontre ou une manifestation il faut au préalable adresser une demande écrite aux autorités, en indiquant les objectifs du rassemblement et les noms des organisateurs responsables. Plusieurs rapports font état de l’arrestation et de la détention arbitraires de défenseurs des droits humains qui avaient manifesté pacifiquement et demandé une réforme démocratique. Il convient d’y ajouter le fait que les ONG éprouvent régulièrement des difficultés à se faire enregistrer et qu’elles vivent quotidiennement sous la menace d’une fermeture pour « diffusion d’informations fausses ou exagérées ». Le gouvernement a interdit à des centaines de défenseurs des droits humains de voyager à l’étranger et des défenseurs connus des droits humains ont été arrêtés à leur retour en Syrie après s’être rendus à l’étranger pour y assister à des conférences et à des séminaires de droits humains. Plusieurs défenseurs des droits humains ont été accusés « d’incitation à l’agression étrangère de la Syrie », « d’affaiblir le sentiment national », « d’incitation aux querelles sectaires » ou encore de « nuire à l’image de la nation ».