Asie-Pacifique

Actions urgentes

Inde: harcèlement judiciaire contre le défenseur des droits humains Kirity Roy

Front Line est très préoccupée par le harcèlement judiciaire contre Kirity Roy, ancien président de Banglar Manabadhikar Suraksha Mancha (MASUM), une organisation non gouvernementale en faveur des droits humains, basée à Howrah, Kolkata, dans l’Etat du Bengale Occidental. Le 27 septembre 2008, la police a fait irruption dans les bureaux du MASUM, cherchant Kirity Roy ainsi que des déclarations sous serment du People’s Tribunal on Torture (Tribunal du peuple sur la torture - PTT), organisé par le Projet National pour la Prévention de la Torture en Inde (NPPTI).  Read More

Birmanie: arrestation de la défenseuse des droits humains Nilar Thein

Front Line est profondément préoccupée suite à l’annonce de l’arrestation, le 10 septembre 2008, de la défenseuse birmane des droits humains Nilar Thein, une activiste pro-démocratie. Nilar Thein est membre du groupe étudiant « Génération 88 »; elle se tenait cachée des autorités depuis près d’un an, depuis les manifestations de masse en août et septembre 2007 en Birmanie.  Read More

Philippines: allégation de disparition forcée du défenseur des droits humains James M Balao

Front Line est profondément préoccupée suite à l’annonce de la disparition, qui semble forcée, du défenseur des droits humains James M. Balao le 17 septembre 2008. James M. Balao est membre de Cordillera Peoples Alliance (CPA), une organisation indépendante qui milite en faveur des droits des peuples indigènes.  Read More

Inde: détention arbitraire et intimidation de plusieurs activistes anti-barrage à Manipur

Front Line est profondément préoccupée suite à l’annonce de la détention et de l'intimidation d’un groupe de défenseurs des droits humains opposé à la construction du barrage de Mapithel dans l’Etat de Manipur. Les défenseurs arrêtés sont: T. Dewal du village d’Itham, L. Bipin de Tumukhong, L Bobojit et Kendra Luwang de Moirangpurel. Ils sont tous membres de Mapithel Dam Affected Ching-Tam Organization (MDACTO), une organisation qui défend les droits des communautés affectées par le projet de barrage.  Read More

Philippines: menaces de mort contre des défenseurs de KARAPATAN-Cebu et accusation d’enlèvement contre Vimarie Arcilla

Front Line est profondément préoccupée suite aux menaces de mort proférées contre Dennis Abarrientos, Vimarie Arcilla, Jean Suarez et Concordia Oyao. Ces menaces ont été envoyées via sms sur leur téléphone portable et le 79ème bataillon d’Infanterie de l’armée des Philippines (IB-PA) a lancé des accusations d’enlèvement contre Vimarie Arcilla. Dennis Abarrientos est le secrétaire général de Karapatan-Cebu; Vimarie Arcilla en est la porte-parole; Jean Suarez est le responsable de la recherche et de la documentation, et Concordia Oyao est responsable des services directs. L’Alliance Karapatan pour l’émancipation des droits des peuples est une alliance d’individus, de groupes et d’organisations qui oeuvrent pour la promotion des droits humains aux Philippines.  Read More

Tout au long de 2006, des défenseurs des droits humains ont été victimes d’attaques de la part d’acteurs à la fois étatiques et non étatiques dans la plupart des pays de cette région. On recense des exécutions extrajudiciaires et des « disparitions » en Afghanistan, au Népal, aux Philippines, au Sri Lanka et en Thaïlande. Des arrestations, des détentions et du harcèlement judiciaire sont signalés au Bangladesh, en Birmanie, au Cambodge, en Chine, en Inde, en Malaisie, au Népal, aux Philippines, en République de Corée, au Sri Lanka et au Viêtnam. Dans certains pays comme le Laos, la Birmanie et la Corée du Nord, la répression envers les défenseurs des droits humains est telle qu’il est virtuellement impossible pour eux de faire quoi que ce soit. Dans toute la région, les gouvernements s’acharnent à restreindre la liberté d’expression et d’association. Des abus qui s’opèrent en toute impunité ou presque... Les environnementalistes, les syndicalistes et les internautes militants figurent parmi les groupes à risque dans de nombreux pays. En savoir plus

Au Bangladesh, des centaines de membres d’une ONG militant pour les droits des femmes et la réforme électorale ont été arrêtés pour avoir essayé d’organiser un sit-in près du bureau du Premier ministre. Au Cambodge, où les manifestations sont interdites depuis 2003, une nouvelle loi va restreindre officiellement le droit à la liberté de réunion. Les défenseurs des minorités religieuses sont particulièrement exposés aux risques.

En Chine, organiser une quelconque forme d’activité en faveur des droits humains reste extrêmement difficile. À l’occasion du 17ème anniversaire des événements de la Place Tiananmen, ceux qui s’y trouvaient à l’époque ou leurs proches ont été placés sous étroite surveillance, tandis que les dirigeants communautaires qui protestaient contre la corruption officielle ont été arrêtés. En Chine, de nombreux défenseurs des droits humains, parmi lesquels des journalistes et des avocats, restent soumis à la rééducation par le travail, voire à des peines de prison. Ceux qui défendent les communautés expulsées de force pour faire place au renouveau urbain subissent des sanctions particulièrement sévères tout comme les avocats qui les défendent. Les militants qui interpellent l’État à propos de sa politique en matière de sida sont la cible d’attaques répétées.

En Malaisie, les manifestations contre la hausse des prix ont été violemment dispersées et leurs instigateurs arrêtés. Au Népal, malgré la fin de l’état d’urgence, la police continue de disperser avec une violence excessive des manifestations, au cours desquelles six personnes ont été tuées et des milliers d'autres blessées.

Au Pakistan, les familles des personnes disparues en 2001 après avoir été arrêtées par les militaires ont été à leur tour arrêtées lorsqu’elles ont organisé une manifestation pacifique en face du siège des autorités militaires. Aux Philippines, le gouvernement a ostensiblement instauré l’état d’urgence à la fois pour prévenir des actes de violence de la part des groupuscules d’extrême-gauche et d’extrême-droite, mais aussi pour prévenir des manifestations pacifiques telles que celles prévues en marge de la réunion ASEAN. Le nombre d’exécutions extrajudiciaires de défenseurs des droits humains, de journalistes et d’opposants politiques a dramatiquement augmenté, surtout dans les zones à forte présence militaire.

En Indonésie, le droit à la liberté d’expression reste très limité: en Papouasie occidentale, des défenseurs des droits humains sont détenus arbitrairement pour avoir critiqué le gouvernement et sont en proie aux tortures et aux mauvais traitements. À Aceh, des observateurs des droits humains ont été, pour la première fois, déployés et la situation générale s’est améliorée. Dans tout le pays, les forces de police recourent de manière excessive à la force pour disperser les manifestations; elles ciblent les militants religieux et pacifiques pro-indépendants. A noter aussi une nouvelle tendance qui consiste à poursuivre en diffamation les défenseurs des droits humains qui osent critiquer le gouvernement.

En Thaïlande, la loi martiale est en vigueur depuis le coup d’état militaire, interdisant toute forme de manifestation publique.

Au Cambodge, un nouveau projet de loi sur l’enregistrement des ONG devrait sérieusement entraver l’action des défenseurs des droits humains, en imposant des contrôles stricts sur l’enregistrement et en imposant des amendes et des peines pouvant aller jusqu’à un an de prison pour les ONG qui continuent de fonctionner alors qu’elles ont été dissoutes. Les défenseurs des droits humains qui se battent pour le droit à la terre ou l’accès aux ressources naturelles sont particulièrement visés.

En Inde, les ONG vont être soumises à une nouvelle législation qui limitera leur possibilité d’accepter des financements étrangers et permettra en substance au gouvernement de décider qui reçoit ces fonds et à quoi ils doivent servir. Au Sri Lanka, le gouvernement dispose d’une nouvelle loi anti-terroriste qui autorise les pouvoirs publics à criminaliser les activités de toute ONG. Les coopérants étrangers et les défenseurs locaux des droits humains ont été victimes d’exactions de la part des deux parties belligérantes.

En Afghanistan, les défenseurs des droits humains qui travaillent dans les zones de conflit risquent leur vie; les diverses parties belligérantes ont d’ailleurs assassiné plusieurs d’entre eux.

En Birmanie, les activités des ONG internationales sont régies par des lignes directrices plus restrictives, imposées par un gouvernement qui insiste notamment pour approuver leurs programmes, contrôler leurs finances et être avisé de tous les déplacements.

Malgré tout, le combat pour les droits humains se poursuit dans toute la région et les défenseurs des droits humains continuent de militer pour les droits économiques, sociaux et culturels, surtout en Chine, en Inde et aux Philippines. La première réunion mondiale des défenseuses des droits humains a eu lieu au Sri Lanka en décembre 2005 et a marqué les esprits. Dans presque tous les pays, les défenseuses des droits humains sont en première ligne du combat pour l’égalité entre les hommes et les femmes et ce, en dépit des menaces spécifiques et supplémentaires dont elles font l’objet.