Côte d’Ivoire
VUE D'ENSEMBLE
Les défenseurs des droits humains en Côte d’Ivoire opèrent dans le contexte d’un pays en transition qui fait toujours face à des défis datant d’un passé récent, ainsi qu’au difficile processus de réconciliation actuel. Le conflit et la séparation du pays en deux zones depuis 2002, le sud contrôlé par le gouvernement et le nord contrôlé par la coalition armée Nouvelles Forces, crée un climat d’insécurité pour les défenseurs des droits humains ainsi qu’un environnement où les attaques et la violence restent impunies.
Les défenseurs des droits humains en Côte d’Ivoire sont actifs dans de nombreux domaines: défense des droits civils et politiques mais aussi sociaux et culturels, y compris les droits des femmes, des minorités, des enfants; ils se positionnent contre la discrimination, pour la sensibilisation aux droits humains, documentent les violences et les abus liés au conflit et surveillent le processus de réconciliation.
Bien que tous les défenseurs des droits humains ne soient pas systématiquement pris pour cible, ils doivent souvent faire face à des tentatives d’intimidation et des attaques, notamment la perquisition de leurs bureaux et des agressions physiques. Les tentatives d’intimidation et de harcèlement augmentent particulièrement en période électorale, lorsque les défenseurs qui dénoncent les abus sont le plus souvent pris pour cible.
La liberté d’expression est limitée et les groupes progouvernementaux, les milices et la police, harcèlent et parfois agressent des journalistes et s’en prennent aux locaux de plusieurs journaux. Les journaux indépendants et de l’opposition ainsi que les stations de radios locales sont régulièrement interdits ou suspendus, et plus particulièrement lorsqu’ils traitent de questions considérées comme sensibles ou politiques.
Le gouvernement a récemment dépénalisé les infractions de la presse. Cependant, rien n’a été entrepris pour harmoniser le Code pénal et la décision de dépénalisation. Par conséquent, les journalistes et les défenseurs des droits humains sont toujours exposés à des risques de poursuites. Le Conseil National de la Communication et de l’Audiovisuel (CNCA) est l’organisme de régulation et de contrôle des médias. Le CNCA est sous la sphère d’influence du gouvernement et est utilisé pour surveiller les médias indépendants et d’opposition.
Des actes de violence contre les syndicalistes et des organisations de défense des droits humains qui oeuvrent en faveur du droit du travail ont aussi été rapportés.
Bien que le gouvernement ait introduit des lois qui agrandissent l’espace du travail des défenseurs des droits humains, le système des droits humains en général dans le pays, y compris la Commission Nationale des Droits de l’Homme, demeure faible.












