Posted 2011/11/4

Guatemala: Menaces, intimidation et fausses accusations contre la défenseuse des droits humains Mme Lucia Carolina Escobar Mejía

Lucia Carolina Escobar MejíaLucia Carolina Escobar Mejía

Les 24 et 28 octobre 2011 respectivement, la journaliste défenseuse des droits humains Mme Lucia Carolina Escobar Mejía a été menacée et intimidée suite à une série d’articles qu’elle a écrits et dans lesquels elle dénonçait ce qu’elle appelle un nettoyage social mené par la Commission de Sécurité de Panajachel.

Informations Complémentaires

Ce nettoyage serait mené par des escadrons de la mort cagoulés qui agissent comme des milices locales. Lucia Carolina Escobar Mejía est chroniqueuse et correspondante d’El Periódico, à Panajachel, dans le département de Sololá, et gère une station radio locale, RADIO ATI.

Le 28 octobre 2011, Lucia Carolina Escobar Mejía a reçu deux sms via internet, après avoir porté plainte devant le Procureur chargé des crimes contre les journalistes et les syndicalistes. Cette plainte est liée aux fausses accusations et actes d’intimidation dont elle a fait l’objet quatre jours avant.

Le premier message disait « De G. Montejo, van a llegar a tu casa por la noche, saca la mercancía antes de las 5 para que no te soquen » (De: G Montejo: ils vont venir chez toi la nuit, enlève la marchandise avant 5h pour ne pas qu’ils te prennent).

Le second message disait « De Dios : cuando los que te apoyan estan lejos de ti lo mas probable es que tu hayas quedado sola » (De Dieu: quand ceux qui te soutiennent sont loin, le plus probable est qu’ils t’aient laissée seule)

Ces messages semblent être une suite de tentatives visant à discréditer et à intimider Lucia Carolina Escobar Mejía.

Le 24 octobre 2011, M. Gerardo Higueros, actuel maire de Panajachel et propriétaire d’une chaîne câblée locale, est apparu au journal télévisé du soir sur la chaîne locale Panadish et a tenté de discréditer publiquement ceux qui dénoncent les actions de la Commission de Sécurité. Il clame qu’il existe des informations qui pourraient être utilisées contre les personnes qui agissent contre la Commission de Sécurité. Il a aussi accusé Lucia Carolina Escobar Mejía d’être une trafficante de drogue.

En faisant directement référence à un article écrit par la défense le 19 octobre 2011, intitulé « De cuervos, ojos y demonios » (Des corbeaux, yeux et démons), il a déclaré que Lucia Carolina Escobar Mejía ne méritait pas de rester près d’un lac, mais dans une décharge ».

Tous les membres de la Commission de Sécurité sont apparus dans ce journal télévisé, y compris Mme Teresa Cohello et Messieurs Juan Manuel Ralón et Victor Anleu. Dans son article susmentionné, Lucia Carolina Escobar Mejía les accuse tous d’avoir dissimulé la vérité.

La défenseuse a déposé une plainte devant le Procureur chargé des crimes contre les journalistes et les syndicalistes, et l’Unité des Droits Humains de la police nationale Civile soutient l’enquête. Le Ministre de la Gouvernance est informé des détails de l’enquête et cherche actuellement à mettre en place des mesures de protection provisoires.

Front Line pense que les menaces, les actes d’intimidations et les fausses accusations contre Lucia Carolina Escobar Mejía ont un lien direct avec son travail légitime en faveur des droits humains, notamment ses chroniques et ses articles, lesquels ont entraîné la publication d’autres articles et l’ouverture d’une enquête sur le comportement des milices sécuritaires à Panajachel. Front Line est profondément préoccupée pour l’intégrité physique et psychologique et pour la sécurité de Lucia Carolina Escobar Mejía.

Action Update Needed. Before taking further action on this case please contact info@frontlinedefenders.org for further information